17 Kislev 5780‎ | 15 décembre 2019

Qui sera le nouveau chef du Hamas ?

Une très sérieuse querelle interne secoue actuellement les rangs du Hamas à propos de la succession de Khaled Mashaal au poste de président de son Bureau politique (BP) équivalant en fait à celui de No 1 de ce mouvement islamiste intégriste.
Alors qu’un long processus à étapes d’élections internes planifié lors des prochains mois est censé devoir désigner ce nouveau No 1, cette rixe intérieure s’illustre en fait par toute une série de prises de positions de différents « mini-courants » et « sensibilités » de cette organisation, les uns et les autres défendant « leur » candidat à la présidence du BP. Bien que tout puisse changer lors des prochaines semaines, on recense à ce jour trois candidats proéminents de pour ce poste :
-Ismaël Haniyé, 54 ans. Actuellement chef du gouvernement Hamas de Gaza et favori de cette élection, il fut expulsé en 1992 de Gaza par Israël vers le Liban et y revint après les Accords d’Oslo pour être nommé doyen de l’université islamique locale. Dès 1997, il est le principal assistant du guide spirituel du Hamas, le cheikh Ahmed Yassine, puis forme en 2006 -pour les élections parlementaires de 2006 organisées par l’AP – le Bloc du Changement et de la Réforme qui raflera 76 sièges des 132 sièges du Conseil national palestinien. Ce qui l’a fait devenir en 2007, après le coup de force de l’expulsion totale du Fatah de Gaza, chef du pseudo-califat gérant la destinée du 1,7 millions de résidents de la Bande.
-Abou Marzouk, 65 ans. Après des études à Gaza, au Caire et au Koweït, il exerce comme ingénieur à Abou Dhabi, puis rejoint le Hamas international aux USA où il continue d’étudier. Revenu en Jordanie en 1992, il est élu comme 1erprésident du BP du Hamas, puis à partir de 1995, il est emprisonné pour deux ans aux USA avant de s’installer à Damas, puis au Caire en 2012 après l’expulsion par le régime Assad du QG international du Hamas installé dans la capitale syrienne. Faisant mine d’accepter en 2013 un Etat palestinien dans les seules « lignes de 1967 », il préconise toujours la lutte armée contre Israël.
-le Dr. Mahmoud Al Zahar, 72 ans. Après des études de médecine au Caire, il devient en 1974 enseignant à la faculté de médecine de l’université islamique de Gaza. Membre de la direction du Hamas dès 1989, il est expulsé de la Bande en 1992 par Israël, mais y revient deux ans plus tard, puis est emprisonné plusieurs fois par l’AP. En 2004, il prend la direction du Hamas après l’élimination du cheikh Yassine par Israël. Activement soutenu par les chefs encore plus irrédentistes de la branche armée du Hamas, Izzédim Al-Kassem, il justifie sans cesse les tirs inconsidérés de roquettes contre l’Etat juif – y compris de la part des groupuscules djihadistes locaux – qu’il considère comme des « ripostes légitimes à l’occupation sioniste ».
Fait notable : ces trois candidats – dont les deux premiers sontcurieusement considérés à Gaza comme des « modérés » par rapport au 3e! – préconisent la destruction totale et violente d’Israël, ainsi que son remplacement par la Grande Palestine. Richard Darmon