16 Kislev 5780‎ | 14 décembre 2019

Aviation civile Rumeurs de fusion entre El Al et Israir

 

Pour  compenser  les  parts  de  marché  que  les  compagnies  aériennes low-cost  ont  gagné  en  Israël,  El  Al  envisage  de  fusionner  avec  Israir, propriété   de   la   holding   israélienne   IDB.   Les   premiers   contacts remontent à 2015. A l’époque, El Al voulait céder à Israir sa filiale Sun d’Or,  et  recevoir  en  échange  un  certain  nombre  d’actions  d’Israir Airlines.  Mais  le  deal  ne  s’est  pas  fait (Israir  s’est  contenté  d’investir dans   Sun  d’Or)  et  les   raisons   qui  avaient  conduit   à   l’envisager demeurent : se renforcer sur le marché des vols charters et low-cost vers  l’Europe.  Cette  fois-ci,  dans  la  négociation,  El  Al  est  en  positionde force : IDB Tourisme, qui contrôle Israir, a vu ses bénéfices chuter de  25 %  au  cours  des  trois  dernières  années.  A  tel  point  que  la holding IDB, déjà fragilisée par la condamnation de Nochi Dankner, l’un  des  principaux  actionnaires,  a  dû  vendre  40 %  de  ses  parts  dans Adama (Solutions Agricoles) à un groupe chinois pour 3,5 milliards de dollars. Alors que les négociations viennent à peine de commencer, la principale   inconnue,   qui   pourrait   remettre   en   cause   la   fusion, concerne l’attitude qu’adoptera l’Autorité de la concurrence. Pour El Al,   l’acquisition   d’Israir   donnerait   une   nouvelle   dimension   à   la compagnie  emblématique  israélienne.  Fondée  en  1989,  Israir  a  démontré sa capacité à s’adapter à un marché de plus en plus dérégulé. Après avoir assuré de nombreux vols intérieurs vers Eilat depuis Ben Gourion  ou  Haïfa,  Israir  organise  un  service  de  vols  charters  vers  l’Europe   et   les   Etats-Unis.   En   2007,   pour   attirer   une   clientèle religieuse, elle annonça mettre à la disposition des passagers juifs des Sifré Tora pour rendre possible des offices en plein vol. Si la fusion se fait,  le  marché  de  l’aviation  civile  israélien  sera  concentré  autour  de deux  pôles :  El  Al  et  Arkia  (qui  détient  d’ailleurs  40 %  des  parts  d’El Al).  Les  discussions  en  cours  témoignent  de  la  restructuration  des compagnies  aériennes  pour  s’adapter  à  un  marché  de  plus  en  plus concurrentiel. El Al n’est pas le seul opérateur à se renforcer pour répondre  à  la  demande  d’une  clientèle  populaire :  des  discussions  de même  nature  occupent  actuellement  Air  France,  qui  annonce  la  création d’une nouvelle low-cost pour l’automne 2017…DAVID JORTNER