17 Kislev 5780‎ | 15 décembre 2019

Benoît Hamon (PS) : la tentation islamo-gauchiste

Cet ancien frondeur proche de l’aile radicale du PS fait peur à beaucoup de monde. Le « tombeur » de Manuel Valls à la primaire socialiste ne cache pas ses positions pro-palestiniennes. Un ministre le qualifie mêmede « candidat des Frères musulmans ».
Benoît Hamon, le nouveau candidat du Parti socialiste à l’Elysée, élu le 29 janvier lors de la primaire par 59 % des suffrages contre 41% pour Manuel Valls, est-ilislamo-gauchiste ? C’est ce que pense le député PS et ex-président de SOS Racisme Malek Boutih. Il l’a dit si bruyamment pendant la campagne qu’une polémique est née sur la manière dont le camp Hamon dans son ensemble envisageait la question du fondamentalisme musulman et celle du sionisme. Sur Radio J, Manuel Valls a notamment fustigé, peu avant sa défaite, l’« ambiguïté insupportable » cultivée par le futur vainqueur et par son porte-parole, le député Alexis Bachelay, vis-à-vis du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), une association connue pour son extrémisme. « Lorsque Benoît Hamon s’en prend à des personnalités en parlant de « laïcité douteuse », et qu’il met dans le même paquet Alain Finkielkraut, Caroline Fourest ou Mohamed Sifaoui (deux journalistes qui dénoncent constamment les complaisances des uns ou des autres à l’égard de l’islamisme – NDLR), là oui, d’une certaine manière, il fait référence au lobbying du CCIF, cette organisation qui prétend qu’il existerait dans l’Hexagone une islamophobie d’Etat », a accusé Manuel Valls. Et d’enfoncer le clou ainsi : « Quand Alexis Bachelay se réunit avec les responsables du CCIF pour dénoncer l’état d’urgence, on voit bien qu’il y a un problème». L’ancien Premier ministre a aussi reproché au porte-parole de Benoît Hamon des propos insultants à l’encontre de la communauté juive et d’Israël à l’occasion de la manifestation ludique intitulée « Tel-Aviv-sur-Seine », pendant l’été 2015. Il a déploré la « confusion permanente » du côté de son adversaire entre la critique du gouvernement israélien et « l’antisionisme, c’est-à-dire l’antisémitisme ». Sur le terrain de la laïcité, Benoît Hamon serait favorable à des accommodements avec les dérives fondamentalistes et salafistes enregistrées sur le territoire depuis plus d’une décennie. Sous couvert d’anonymat, un ministre a même glissé : « Hamon est le candidat des Frères musulmans ».
Le vainqueur de la primaire se faisait déjà remarquer par ses positions très pro-palestiniennes quand il était député européen dans les années 2 000 et siégeait à la commission chargée des relations du Parlement de Strasbourg avec Israël. Il a été l’un des instigateurs du texte voté par l’Assemblée nationale en 2014 plaidant pour la reconnaissance par la France de « l’Etat de Palestine ». Selon Le Canard Enchaîné, cet élu de la ville ultra-sensible de Trappes (Yvelines), qui regorge d’individus radicalisés, aurait expliqué à son entourage que l’initiative parlementaire en question permettrait de récupérer « l’électorat des banlieues ». En 2010, après l’arraisonnement de la flottille turque pour Gaza, Benoît Hamon, alors porte-parole du gouvernement, a accusé Tsahal d’avoir commis « un bain de sang ». Il y a quelques semaines, il s’est félicité de la récente résolution anti-israélienne du Conseil de sécurité de l’ONU, exigeant la fin de la « colonisation », y compris à Jérusalem.
Axel Gantz