15 Tishri 5780‎ | 14 octobre 2019

Noah Klieger sera l’invité d’honneur des cérémonies du 27 janvier à l’O.N.U.

Former journalist Noah Kliger seen during an event marking the 55th anniversary of the Eichmann Trial, hosted by Israeli President Reuven Rivlin at the President's residence in Jerusalem, on the International Holocaust Remembrance Day, January 27, 2016. Noah Kliger covered the trial for the Israeli newspaper Yediot Aharonot. Photo by Hadas Parush/Flash90

Depuis quelques années, l’O.N.U. a instauré la date du 27 janvier, jour de l’entrée de l’Armée rouge dans le camp d’Auschwitz, comme journée internationale de commémoration des victimes de la Shoah. La cérémonie centrale a lieu à New York sous la présidence du Secrétaire général des Nations-Unies. Cette année, grâce aux efforts de l’ambassadeur d’Israël dans le Palais de Verre, Danny Danon, c’est le journaliste israélien Noah Klieger qui sera l’invité d’honneur de cette cérémonie. Et la venue à l’O.N.U. de ce personnage exceptionnelle est tout un symbole. Né à Strasbourg il y a plus de 90 ans, Noah a été déporté de Belgique à Auschwitz en janvier 1943. Il a survécu à deux ans d’enfer grâce à ce qu’il appelle « une série de miracles », dont l’un des premiers est que, malgré son jeune âge, il s’est retrouvé dans l’équipe des « boxeurs d’Auschwitz », dont il est le dernier survivant. Rescapé de la marche de la mort, puis du camp de Dora en Allemagne, il finit par revenir, à la Libération à Bruxelles, où il retrouve ses deux parents, rescapés eux aussi d’Auschwitz. Son frère, lui, était parti en Angleterre avant la guerre et était devenu une sommité rabbinique de la yéchiva de Gateshead.
Doyen des journalistes
En 1947, comme beaucoup de survivants des camps de la mort, Noah Klieger se retrouve avec 4500 autres personnes sur le bateau l’Exodus qui part du sud de la France vers les côtes de la Terre promise. Ses capacités exceptionnelles font qu’il est le seul survivant de la Shoah qui fut intégré à l’équipage du bateau. Il est chargé d’organiser la défense contre un éventuel abordage des Britanniques. C’est effectivement ce qui se produira et, comme les autres passagers, Noah est rapatrié en France, puis vers le nord de l’Allemagne. Il revient en 1948 en Israël, où il travaille au journal Yediot Aharonot, dont il est aujourd’hui le doyen des journalistes. Il a couvert, entre autres les procès d’Adolf Eichman et d’Ivan Demanijouk. C’est donc ce symbole de la lutte du peuple juif pour sa survie qui rendra hommage, devant la communauté des Nations, aux six millions de Juifs qui ont péri dans la Shoah. Noah Klieger a écrit un très beau témoignage sur sa vie et les miracles qui l’ont accompagné. En hébreu le livre s’appelle Elé toldot Noah et il a été publié en Français par les éditions Elkana sous le titre Plus d’un tour dans ma vie.
D.S.