13 Shevat 5779‎ | 19 janvier 2019

La dangereuse radicalisation des Bédouins d’Israël

Arab Israeli parliament members and protesters attend a protest near the Knesset, the Israeli parliament in Jerusalem on January 23, 2017, following recent housing demolitions in the Arab sector and the death of accused terrorist Yacoub Abu al-Kiyan last week. Photo by Yonatan Sindel/Flash90

L’incident  sanglant  d’Umm  al-Hiran  est  une  preuve  supplémentaire du phénomène accéléré de « palestinisation » d’une partie  des  quelque  150  000  membres  de  la  population  bédouine  d’Israël  regroupés  dans  une  cinquantaine  de  villes  et villages…Plusieurs  facteurs  accélèrent  le  phénomène  d’irrédentisme  galopant  déjà relevé depuis plusieurs années au sein du secteur des Bédouins d’Israël.  D’abord  le  fait  que  ses  membres  ont  pris  depuis  des  décennies  l’habitude  de  vivre  dans la plus totale  illégalité, tant au  niveau des terres qu’ils occupent (rarement attribuées de façon légale) et des maisons qu’ils construisent à 90 % sans permis officiel de l’Etat. Par  ailleurs,  alors  que  moins  de  2 %  d’entre  eux  acceptent  de  faire  leur service  militaire  dans  Tsahal  ou  de  s’engager  dans  la  Police  des  Frontières,  leurs  pratiques  constantes  du  marché  noir  et  des  rapines  en  tous genres  dans  les  villes  et  les  fermes  juives  du  Néguev  (où  ils  dérobent  la nuit  tout  ce  qui  tombe  sous  leurs  mains :  bétails,  récoltes,  voitures,  câbles  électriques,  bouches  d’égouts  et  même  monuments  en  métal)  les ont fait accumuler au fil des années nombres d’armes illégales…De  plus,  il  s’avère  que  toutes  ces  pratiques  délictueuses  ne  sont  pas celles  de  l  criminalité  « ordinaire »  que  l’on  rencontre  dans  d’autres secteurs de la population israélienne, y compris dans les diverses mafias locales  :  car,  sous  l’effet  des  mariages  de  plus  en  plus  nombreux  entre jeunes  Bédouins  et  femmes   palestiniennes  déjà  « engagées »,  cette anarchie chronique  du  comportement  bédouin  s’est  dangereusement  étendue ces dernières années à une implication de plus ne plus fréquente dans  le  terrorisme,  la  radicalisation  islamiste,  le  soutien  au  Hamas  de Gaza,   et   même   aux   accidents   mortels   et   autres   homicides   sur les routes… Si bien que leurs violations traditionnelles et systématiques des

lois  relatives  à  la  construction  et  au  « zonage »  du  Néguev  pourraient presque passer à présent au second plan et que l’on est donc en train d’assister  à  un  véritable  phénomène  de  radicalisation  des Bédouins  israéliens…Une « palestinisation » qui est celle des Arabes d’Israël On  assiste  en  effet  depuis  deux  décennies  en  effet  à  un  phénomène encore  plus  large  qui  est  celui  d’une  véritable  « palestinisation »  d’une bonne partie de la population arabe d’Israël, surtout parmi les jeunes.  A  preuve,  le  succès  non  négligeable,  lors  des  dernières  élections  législatives de 2015,  de  la  Liste  arabe  unifiée  (LAU)  dont  les  dirigeants  sont  eux-mêmes  des extrémistes                             délégitimant sans cesse l’Etat d’Israël plutôt que de trouver des compromis socio-économiques pour leurs électeurs : un  irrédentisme  qui  provoque  une  constante  dégradation  des  relations entre  ces  dirigeants  de  la  minorité  arabe  et  les  autorités régionales  et nationales de l’Etat d’Israël. C’est  ainsi   que  les   députés  de  la  LAU  (des  fidèles  du  Mouvement islamique,  des  représentants  de  deux  formations  nationalistes  ultra-pro palestiniennes    et    des    communistes)    multiplient    sans    cesse    les provocations  avec  des  slogans  populistes  et  polémistes  qui  mobilisent surtout  les  plus  jeunes.  On  se  souvient  que  le  déclenchement  et  l’extension  de  « l’Intifada  des  poignards »  avait  été  accélérée  par  la  présence  de  députés  arabes  sur  le  mont  du  Temple  en  Vielle  Ville  de  Jérusalem  qui  avaient  exhorté  les  foules  à  se  confronter  aux  forces  de  l’ordre – une  pratique  à vocation  « médiatique » devenue  très fréquente depuis…Plus  récemment,  le  député arabe  Basel Ghattas (lui aussi membre  de  la LAU  à  la  Knesset)  a  été  pris  en  flagrant  délit  de  « collaboration  avec  l’ennemi » alors qu’à l’occasion d’une visite dans une prison israélienne, il essayait  de  transmettre  des  téléphones  portables  à  des  détenus  de  « haute  sécurité »  condamnés à  de  longues  peines  pour  meurtre  de  civils afin  de  leur  permettre  de  faire  passer  leurs  ordres  terroristes  pour  de futurs attentats… De la même manière, le n° 1 de la LAU, Heïman Oudé, a  incité  le  18  janvier  les  habitants  d’Umm  Al-Hiram  à  s’opposer  par  la force à l’évacuation tout à fait légale menée par la police. Or, même s’ils éprouvent une « double allégeance » entre leur fidélité légalement requise à l’égard de l’Etat d’Israël et leur idéologie nationaliste de  plus  en  plus  pro-palestinienne,  les  Arabes  israéliens et  d’abord  leurs

députés  devraient  absolument  respecter  la  loi  du  pays  dans  lequel  ils vivent ! Le réaménagement du Néguev a déjà provoqué des troublesOn se souvient qu’à la fin 2013, plusieurs milliers de Bédouins israéliens et  leurs  supporters  avaient  provoqué  de  nombreux  incidents  violents dans  le  Néguev,  à Haïfa  et  même  à  Jérusalem.  Avec  pour  cause  la  loi Prawer-Begin  qui  avait  pour  but  de  réorganiser  le  développement  des communautés  bédouines  de  cette  région –  un  texte  qui  prévoyait  l’évacuation de 35 villages bédouins établis illégalement et l’attribution en pleine propriété de terres dans des zones spécifiques, avec 2 milliards de shekels pour compenser le déplacement de ces familles.  La  loi  Prawer-Begin  concrétisait  donc  la  nécessité  pour  l’Etat  d’Israël  d’intervenir afin d’endiguer ce « squat à l’échelle nationale » menaçant l’équilibre de toute une région : « Il en va du respect de l’égalité de tous les citoyens  face  à  la  loi, devait  déclarer  Doron  Almog,  alors  chargé  du dossier  par  le  Premier  ministre. Il  est  regrettable  que  certains  extrémistes  n’aient  pas  compris  que  notre  seule  ambition  est  de  permettre aux   Bédouins   de   vivre   dans   leur   environnement   historique   en   leur reconnaissant  des  droits  de  propriété  qui  résoudront  tous les  conflits antérieurs. (…) Les permis de construire n’existent pas seulement pour les Juifs :  c’est  une  obligation  à  laquelle  tout  citoyen  doit  se  soumettre ! »Mais  à  la  fin  décembre  2013,  le  gouvernement  devait  abandonner  ce projet de loi sous les coups de butoir d’une violente agitation dans le Néguev et de la levée de boucliers de la classe politique, à gauche comme à droite…Richard Darmon