7 Kislev 5780‎ | 5 décembre 2019

Daniel Benhaïm : « Davantage de programmes mariant intégration et kodech »

Le 29 janvier à Marseille, le 30 à Lyon, le 2 février à Anvers et le 5 à l’Espace Charenton de Paris : le salon Orient-à-Sion, destiné aux jeunes olim, est organisé par l’Agence juive pour la neuvième année. Entretien avec le délégué général de l’Agence Juive en France, Daniel Benhaïm.
Haguesher : Daniel Benhaïm, comment se caractérisent aujourd’hui les programmes pour olim francophones de seize à trente ans ? Daniel Benhaïm : Ils ne cessent de se développer et de se diversifier, avec notamment la possibilité de plus en plus fréquente de marier intégration et kodech, quel que soit le degré de pratique religieuse de chacun.
C’est vrai dès le secondaire ? Absolument. Les adolescents de seize ou dix-sept ans qui réalisent leur alya en famille peuvent désormais s’inscrire dans toutes sortes d’établissements afin d’obtenir un bac français. Certaines de ces structures délivrent parallèlement un enseignement dati. Ce n’était pas le cas autrefois.
Que proposez-vous pour les bacheliers ? Grâce aux programmes Massa créés en 2004, il existe de multiples voies et « pistes d’atterrissage » pour une intégration en douceur, à la carte. Il y a quelques années, les futurs étudiants intégraient des mehinot (« préparations ») situées sur les campus. Aujourd’hui, on parle de « prépot », un néologisme hébraïque issu de la langue française. Ces classes, qui représentent un sas entre l’Hexagone et l’entrée dans le système universitaire israélien, ne sont plus installées forcément dans les facultés. Elles sont adaptées à tous les profils et ici encore, il est possible d’apprendre les fondamentaux nécessaires à la vie universitaire tout en consacrant une partie de son temps à la pratique des mitzvot et à l’étude de la Torah.
Mais la vraie nouveauté depuis cinq ou six ans, ce sont les programmes professionnels…
Oui, des centaines de jeunes Français déjà diplômés font désormais un stage prolongé dans une entreprise israélienne. Ils ne sont pas rémunérés, mais entrent ainsi de plain-pied dans le monde du travail. Tous les secteurs d’activité sont concernés. Cela donne aux intéressés une expérience internationale (il suffit pour postuler de parler correctement l’hébreu ou l’anglais) et, pour ceux qui restent par la suite dans le pays (environ la moitié d’entre eux), c’est un moyen efficace d’intégration.
Comment améliorer encore l’alya des jeunes ?

Pour être franc, je me pose la question inverse. Comment élargir l’esprit des programmes Massa, qui réussissent si bien, à l’ensemble des nouveaux immigrants francophones, y compris les plus âgés ?
Propos recueillis par Axel Gantz