8 Kislev 5780‎ | 6 décembre 2019

Brûlants dossiers et relance des relations israélo-américaines…

U.S. President Donald Trump plays host to a reception and meeting with U.S. congressional leaders including Senate Minority Leader Chuck Schumer (D-NY) (L) and House Speaker Paul Ryan (R-WI) (2nd L) in the State Dining Room at the White House in Washington, U.S. January 23, 2017. REUTERS/Jonathan Ernst - RTSX1EG

Le conflit avec les Palestiniens, le transfert de l’ambassade US. à Jérusalem, la nouvelle politique israélienne en Judée-Samarie, l’éventuelle révision de l’accord avec l’Iran sur le nucléaire et la situation en Syrie : autant de dossiers sur la table avant la rencontre entre les deux hommes prévue en février à la Maison-Blanche. « A partir de ce jour, une nouvelle vision guidera notre pays, a déclaré Donald Trump lors de la cérémonie d’investiture tenue le 20 janvier à Washington en reprenant le slogan de sa campagne électorale, car désormais ce sera l’Amérique avant tout ! »  Il n’empêche : même si le nouveau président va surtout se concentrer sur un train de mesures socio-économiques internes protectionnistes, cette « vision » aura aussi d’évidentes répercussions au Moyen-Orient. Ne serait-ce que parce que Trump avait promis à Israël, après l’abstention américaine lors du vote de la résolution 2234 par le Conseil de sécurité de l’ONU qualifiant d’« illégale » toute présence juive en Judée-Samarie et à l’est de Jérusalem, que tout changerait avec son entrée à la Maison-Blanche. Mieux encore : déplorant que l’Etat juif soit traité de manière« si injuste », il avait aussi tancé Obama pour s’être comporté face à Israël « avec tant de dédain et d’irrespect (…) à l’encontre des profonds liens d’amitié unissant les deux pays ». Suite à quoi Binyamin Netanyahou avait dit attendre de travailler avec l’administration Trump et le Congrès pour invalider cet ultime et déplorable « chant du cygne » d’Obama. C’est que les deux hommes partagent des valeurs communes et ont des positions très proches sur nombre de sujets diplomatiques, politiques et même économiques, avec toutes les conséquences que cela devrait avoir dans la nouvelle politique américaine au Moyen-Orient. Des convergences sur de nombreux dossiers régionaux Au centre de la vision stratégique de Trump, en phase avec celle de Netanyahou, il existe une évidente volonté de faire échec à l’islam intégriste –cette fois désigné comme tel, contrairement à Obama ! – doublée d’un net rejet du terrorisme, y compris du terrorisme palestinien. C’est ainsi que l’administration Trump voudra encourager un règlement du conflit israélo- palestinien, mais uniquement dans le cadre de pourparlers bilatéraux et sans nulle précondition. A ce titre, la nomination du gendre de Trump, Jared Kushner, comme « émissaire du président » dans la région et de

David Friedman en tant que nouvel ambassadeur en Israël, tout comme l’intention réitérée de l’entourage de Trump de transférer cette ambassade à Jérusalem, constituent des signes positifs, malgré toutes les mises en garde arabo-palestiniennes.  Lors de l’échange téléphonique très chaleureux entre Netanyahou et Trump au soir du 22 janvier, le nouveau président a invité le Premier ministre à lui rendre visite en février prochain à la Maison-Blanche. Outre le dossier israélo-palestinien, ils examineront ensemble deux autres sujets régionaux qui préoccupent Jérusalem et Washington : l’avenir du traité nucléaire de Vienne passé en juillet 2015 avec l’Iran au regard de l’arrogance terroriste et l’agressivité décuplées de Téhéran, ainsi que la situation en Syrie, où la Russie et l’Iran semble rester – mais pour combien de temps encore ? – les deux seuls maîtres du jeu. Enfin, nul doute que le dossier le plus complexe concernera la position de l’administration Trump sur la nouvelle politique israélienne actuellement en pleine « gestation » en Judée-Samarie et à l’est de Jérusalem…Alors qu’à l’aile droite du gouvernement et qu’au sein du Likoud, certains ministres et députés ne veulent pas attendre cette rencontre de février pour présenter au parlement un projet de loi annexant à Israël Maalé Adoumim (une cité de 40 000 habitants à 7 km à l’est de Jérusalem), Netanyahou – qui ne veut pas compromettre cette relance en symbiose de nouveaux liens avec les USA par une politique trop empressée – a pu faire reporter l’examen de ce projet par la Commission des Lois de la Knesset. Il devait expliquer au principal promoteur de ce texte, le ministre de l’Education, Naftali Bennett (Bayit Yéhoudi) que les conseillers du président Trump venaient expressément de lui demander qu’Israël évite de « surprendre si tôt les Etats-Unis avec une initiative unilatérale »…Un report qui n’empêchera pas le gouvernement israélien de devoir plancher assez vite sur sa nouvelle politique en Judée-Samarie pour les prochains mois.  Richard Darmon