23 Sivan 5779‎ | 26 juin 2019

Partir en exil… dans la joie

Chlomo Messica
Préparer le terrain spirituel
« L’Éternel m’a envoyé avant vous pour vous préparer une ressource dans ce pays, et pour vous sauver la vie par une merveilleuse délivrance » (Béréchit 45, 7). L’Égypte était un foyer d’impureté si fort, que celle-ci risquait de happer les enfants d’Israël sans leur laisser la moindre chance d’en sortir. Mais bien avant que leur exil commence, Yossef avait déjà établi de solides barrières contre les mœurs dépravées de l’Égypte, le jour où il avait résisté aux incitations de la femme de Potifar. C’est justement ce qu’il expliqua ici à ses frères : « L’Éternel m’a envoyé avant vous… » – en me soumettant à cette épreuve – « …pour vous préparer une ressource dans ce pays » – ce qui vous empêchera de sombrer dans les cinquante portes d’impureté… (Alchikh).
La vie plus que toutes les richesses
« Israël s’écria : “Il suffit ! Mon fils Yossef est encore vivant !” » (45, 28). Pour accroître la fierté de Yaacov, ses fils lui relatèrent avec mille détails le pouvoir que Yossef possédait en Égypte et les honneurs dont il jouissait dans ce grand pays. Lorsque Yaacov fut convaincu que son fils était bel et bien vivant, il s’exclama : « Il suffit ! » – autrement dit, je n’ai que faire de sa gloire et de son prestige, car pour ma part, l’essentiel est que « mon fils Yossef est encore vivant ! » (Tseror Hamor).
Édulcorer le drame de l’exil
« Moi-même, Je descendrai avec toi en Égypte et Moi-même aussi Je t’en ferai remonter. Et c’est Yossef qui te fermera les yeux » (46, 4). En vérité, le départ de Yaacov pour l’Égypte constitua le début d’un exil extrêmement éprouvant, qui se prolongera pendant plusieurs siècles. Cependant, D.ieu ne voulut pas que Yaacov ressente ce départ comme une tragédie. Nos Sages enseignent en ce sens : « Yaacov aurait dû descendre en Égypte entravé de chaînes de fer ! Mais son mérite lui valut de s’y rendre libre » (Chabbat 89). C’est pourquoi le Saint béni soit-Il lui annonça ici qu’il devait à présent partir en exil, mais que « c’est Yossef… » – cet enfant perdu que tu es impatient de retrouver – « …qui te fermera les yeux » – c’est grâce à lui que tes yeux resteront « fermés » sur le véritable sens de ce voyage, si bien que tu éprouveras seulement de la joie à partir en Égypte… (Mayana Chel Torah).