23 Sivan 5779‎ | 26 juin 2019

Une visite dans la nuance

Le président du Sénat Gérard Larcher a effectué, la semaine dernière, une visite de 3 jours en Israël, visite qui l’a également conduit à Ramallah pour une rencontre avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Cette visite du Nº2 dans la hiérarchie du pouvoir après le président de la République était initialement prévu pour le mois de juillet, mais elle avait été reportée à la suite du terrible attentat du 14 juillet sur la promenade des Anglais à Nice. Au cours de ce séjour, Gérard Larcher a d’abord voulu faire passer un message d’espoir et d’optimisme : « Je suis venu ici pour apporter un message de paix d’amitié et de soutien à l’État d’Israël », a-t-il affirmé sur la chaîne I24 à Yaffo. Mais par la force des choses, le président du Sénat qui était accompagné dans ce déplacement par le député (UDI) de la 8e circonscription Meyer Habib, a tenté de rassurer les dirigeants israéliens, de gauche comme de droite, qui se méfient de la Conférence de Paris prévue pour le 15 janvier prochain. Il leur a assuré que la France ne préparait pas à soutenir une nouvelle initiative devant le Conseil de Sécurité et s’est montré plutôt flou sur les résolutions qui pourraient être prises à Paris, cinq jours à peine avant l’entrée en fonction de l’administration Trump. Sans réellement se démarquer du vote de la France du 23 décembre en faveur de la résolution condamnant la construction par Israël des implantations, Gérard Larcher a admis qu’il était surprenant qu’une telle résolution soit passée alors que le Moyen-Orient était dans le chaos.
Au cours de sa visite en Israël, Gérard Larcher a été reçu par le président de l’État Réouven Rivlin et par le président de la Knesset Youli Édelstein. Il a d’ailleurs convenu avec ce dernier de créer un groupe de travail commun aux deux parlements afin de veiller à éviter tout malentendu. L’un des points d’orgue de ce séjour a été la visite que le président du Sénat a effectuée jeudi matin devant le Mur occidental. Accueilli par le grand rabbin du Kotel le rav Chmouel Rabinovitz, Gérard Larcher s’est recueilli devant le Mur. Il a exprimé son émotion d’être sur ce lieu et il a même demandé au rav Rabinovitz de réciter une prière particulière à la mémoire des victimes de l’attentat devant l’école Otsar Hatorah de Toulouse, précisant qu’il était très proche des familles Sandler et Monsonégo. Le président Larcher a également profité de cette visite pour exprimer son admiration pour l’histoire du peuple juif et pour les valeurs spirituelles portées par ce peuple dans l’histoire de l’humanité. Seule déception côté français : l’annulation à la dernière minute de la rencontre prévue, jeudi 5 janvier, entre Gérard Larcher et Binyamin Nétanyaou. En effet, le Premier ministre a été contraint de prendre cette décision en raison du second interrogatoire qu’il a subi dans sa résidence, ce même jeudi en fin d’après-midi dans le cadre des affaires judiciaires le concernant. Il convient de souligner que les interlocuteurs israéliens de Gérard Larcher l’ont interrogé sur la politique que François Fillon, dont il est proche, mènerait au Proche-Orient s’il devait être élu en mai prochain à la présidence de la République. Danny Benely