15 Tishri 5780‎ | 14 octobre 2019

Une loi pour censurer le racisme et l’incitation à la haine sur les réseaux sociaux

La Commission ministérielle des lois vient d’adopter un texte visant à faire interdire la diffusion sur les réseaux sociaux (Google, Facebook, YouTube, Twitter) de contenus incitant à la haine, comme des encouragements à des actes terroristes. Des dispositions législatives identiques sont déjà en vigueur en Allemagne et en Grande-Bretagne. Ainsi au Pays de Galles, s’appuyant sur loi anglaise « Communications Act » de 2003, plusieurs auteurs de déclarations violentes, racistes et incitatives ont déjà été condamnés à plusieurs mois de prison. Israël est donc légèrement en retard avec ce qui est en cours dans le monde occidental. En réponse à cette initiative israélienne, soutenue par le ministre de la Sécurité publique Guilad Erdan, Mark Zuckenberg, le directeur exécutif de Facebook a fait savoir qu’il travaillait « d’arrache-pied pour effacer tout contenu problématique dès que nous en avons connaissance ». Reste à savoir comment définir le concept de « contenu problématique ». Pour Tehila Schwartz Altshuler, qui dirige l’Institut de la Démocratie israélienne, « ce projet de loi est une attaque contre la liberté d’expression menée à l’échelon international. Je ne me fais pas l’avocat du terrorisme, mais je crains que les mesures proposées soient employées pour interdire l’expression de toute opinion contraire aux pouvoirs en place. Il est également à craindre que les politiciens les utilisent pour convaincre le public qu’ils font quelque chose. De plus, une fois que les incitateurs au terrorisme auront été réduits au silence, ils feront comme les lapins qui creusent des terriers, et il sera encore plus difficile de les débusquer et de les combattre. »
David Jortner