11 Adar II 5779‎ | 18 mars 2019

Les plans de l’Autorité palestinienne après la Conférence de Paris

Comme l’avait annoncé Mahmoud Abbas voilà un mois, l’AP va continuer à « internationaliser » le conflit israélo-palestinien en sollicitant les instances de l’ONU et la Cour pénale de Justice de La Haye, en étendant aussi son boycott économique à tout Israël…Premier objectif avoué de l’AP qui, s’il était atteint, constituerait une grande victoire pour elle : mobiliser à fond lors de tout prochains jours ses nombreux amis parmi les pays de l’Union européenne ainsi que l’administration Obama sortante et plus largement toute la communauté internationale pour tenter de faire adopter d’ici le 20 janvier par le Conseil de sécurité de l’ONU, date de la fin des fonctions présidentielles d’Obama, une nouvelle Résolution reconnaissant la création d’un « État de Palestine » sur les territoires déjà définis par la Résolution 2334 du 23 décembre dernier déclarant « illégales » les localités juives existant en Judée-Samarie et dans la partie est de Jérusalem. Or, même si Hollande, Obama et Kerry ne poussent pas leur haine, leur lâcheté et leur outrecuidance anti-israéliennes jusqu’à commettre au dernier moment un tel crime contre l’État hébreu, l’AP continuera de se servir de la Résolution 2334 comme base juridique pour créer un « mécanisme multilatéral » débouchant sur la création de l’État palestinien et semblable à celui qui avait rendu possible la signature, en juillet 2015, du Traité de Vienne entre l’Iran et les six grandes puissances mondiales du P 5 + 1 sur le programme nucléaire de Téhéran. Ce qui signifie, entre autres, que l’AP entamera lors des tout prochains mois un marathon de pressions internationales tous azimuts contre Israël, en collectionnant les « condamnations » de toutes les instances internationales imaginables contre la politique menée par le gouvernement de Jérusalem. Et ce, afin de pouvoir revenir à point nommé à la table des négociations en bien meilleure position de force qu’aujourd’hui. « Abbas va remplacer l’approche bilatérale, qui a échoué, par un processus multilatéral basé sur la loi internationale grâce à la participation d’organismes internationaux capables de superviser et de décider de l’agenda du processus de paix », a ainsi déclaré Ghassan Khatib un ex-ministre de l’AP devenu vice-président de l’Université palestinienne de Bir-Zeït près de Ramallah.  Quant à l’analyste politologue palestinien, Djihad Harb, il estime lui aussi que l’AP va déployer une stratégie internationale « grand format » en minimisant la reprise de pourparlers bilatéraux directs avec Israël : « Abbas va se servir de la Résolution 2334 pour se confronter à Israël au niveau international à la fois

contre la construction dans les implantations, mais aussi en renforçant le boycott du BDS, voire en démultipliant les recours contre Israël devant la Cour criminelle internationale de La Haye ». Une perspective d’autant plus actuelle et préoccupante pour Israël que le chef de la diplomatie palestinienne, Riyad al-Maliki, a déclaré le 5 janvier au journal jordanien Al-Doustour: « Nous allons pratiquer désormais dans les territoires palestiniens le boycott concret et effectif de tous les produits venant des implantations israéliennes illégales. Et nous allons aussi l’étendre aux colons eux-mêmes en dressant une liste noire de personnes non grata, et même en commençant à boycotter toutes les sociétés israéliennes travaillant directement ou indirectement avec les colonies ». Richard Darmon