11 Kislev 5780‎ | 9 décembre 2019

Une vente aux enchères de ‘Hanoukiot d’exception

En juin 2015 est décédé l’un des plus grands collectionneurs d’art juif au monde, Chlomo Moussaief. La semaine dernière, la célèbre salle de ventes aux enchères Sothebys a vendu une partie de sa collection. À quelques jours de ‘Hanouka, quelques chanceux ont pu repartir chez eux avec des ‘hanoukiot de très grande beauté venant des quatre coins du monde.Une des plus belles collections au monde
Chlomo Moussaief est né à Jérusalem en 1925 dans une famille de Juifs de Boukhara vendeurs de bijoux. Très jeune, il s’est passionné par ce commerce familial et est devenu très fort en affaires. S’installant à Londres dans les années 1960, il a commencé à amasser une collection des plus impressionnantes en archéologie et en art juif. Aux yeux de beaucoup d’experts, sa collection privée a dépassé de beaucoup les collections des plus grands musées mondiaux. Dans cette immense collection, Moussaief a donné une grande importance aux ‘Hanoukiot.
Après son décès, sa famille a décidé de vendre une partie de sa collection, et c’est la maison Sothebys qui a réalisé cette vente la semaine dernière à New York. À quelques jours de la fête de ‘Hanouka, bon nombre d’experts sont venus admirer les différents modèles de ‘Hanoukiot mis en vente. La collection de Moussaief a, en effet présenté des modèles de toutes les origines, formes, tailles ou matériaux.
La plus vieille ‘hanoukia présentée lors de la vente est une ‘hanoukia allemande de 1770. Réalisée par Johann Jacob Löschhorn à Francfort, elle est faite en argent, avec comme motif ornemental le lion. Les quatre pieds de la ‘hanoukia sont des lions et deux grandes bêtes décorent les côtés. D’autres ‘hanoukiot d’Europe ont attiré l’attention des collecteurs comme cette ‘hanoukia art déco. Réalisée en Pologne dans les années 1930, cette pièce en argent à la base carrée se fait remarquer pour ces branches formant de grands « W ». C’est aussi en céramique peinte que des ‘hanoukiot ont été vendues. Un lot de deux ‘hanoukiot d’Europe centrale datant de la fin du XIXe siècle a aussi trouvé preneur.
La vente aux enchères a aussi dévoilé au public toute une collection de ‘hanoukiot d’Afrique du Nord. Selon la tradition nord-africaine, les ‘hanoukiot sont faites pour être accrochées au mur, en face de la Mézouza. On a pu apercevoir par exemple un modèle réalisé en Tunisie au début du XXe siècle tout en or avec quelques rubis et émeraudes encastrées dans le métal. Avec une main et des poissons en motifs, on sait que l’on a affaire à une ‘hanoukia tunisienne. Une autre faite de bronze rappelle les portes et les fenêtres de l’architecture nord-africaine.
Deux ‘hanoukiot ont attiré l͛’œil des experts quant à leurs messages politiques. La première est une ‘hanoukia autrichienne datant dautour 1920. Laigle à deux têtes, surmonté de la couronne royale, emblème de l’Autriche-Hongrie compose l’arrière-plan de la ‘hanoukia. Faire une ‘hanoukia pareille, au lendemain de la fin de l’Empire austro-hongrois signifie beaucoup. La seconde ‘hanoukia est une ‘hanoukia réalisée à Vienne dans les années 1930 qui a pour socle des images d’Érets Israël. Le graveur de ces images est un artiste de l’école Betzalel, école connue pour son rôle dans la diffusion du premier art israélien.
Éliana Gurfinkiel