17 Kislev 5780‎ | 15 décembre 2019

Soixante-dix jeunes à Auschwitz avec le grand rabbin Korsia

Le  grand  rabbin  de  France  a  pris  l’initiative  d’un  voyage  mémoriel  d’une  journée à Auschwitz, il y a quatorze ans. À l’époque, Haïm Korsia était aumônier de l’armée de l’air. À ce titre, il emmenait surtout sur le site emblématique de la Shoah des soldats et  futurs  soldats  inscrits en écoles  militaires.  Le  voyage  existe  toujours  mais  les participants sont plus nombreux et viennent désormais d’horizons divers. Cette année,  cent  soixante  personnes  (hauts  fonctionnaires,  journalistes…) étaient  présentes. Parmi  elles,  soixante-dix  élèves,  issus  du  public  comme  du  privé,  et  étudiants en  école  de  commerce,  au  prytanée  militaire  de  La  Flèche  (dans  la  Sarthe)  ou  en université,  ont  arpenté  les  trois  kilomètres  séparant  Auschwitz  de  Birkenau.  ÉlieBuzyn,  rescapé  de  ce  camp  et  aussi  de  Buchenwald,  les  accompagnait.  Le  grand rabbin  a  même  réuni  un minyane  dans  la  synagogue  de  la  ville  d’Oswiecim  – nom polonais  d’Auschwitz -,  transformée  en  musée,  mais  toujours opérationnelle.  Élie Buzyn a sorti le Séfer Torah du Hé’hal. Notons encore que l’équipage de l’avion d’Air France  qui  a  transporté  les  visiteurs  était  volontaire  pour  ce  trajet. Haïm  Korsia  est toujours,  officiellement,  le  rav  chargé  des  aéroports  de  Paris  et  la  compagnie nationale  était  partenaire  de  cette  excursion  particulière,  à  laquelle  ont  assisté  également l’ambassadeur de France à Varsovie, Pierre Lévy, et Frédéric de Touchet, consul général à Cracovie. Le  grand  rabbin  a  indiqué  à  Haguesher, depuis  la  Pologne,  que  sa  mission  était remplie à ses yeux : « Les jeunes se parlent, ils sont émus. Nous produisons ainsi de l’humanité,  s’est-il  félicité,  à  l’endroit  précis  où  elle  a  disparu  pendant  la  Shoah.  Je vois aussi que des parents qui ont participé autrefois à ce périple avec nous ou avec d’autres nous envoient à présent leurs enfants pour qu’ils vivent la même expérience. C’est gratifiant ». Axel Gantz