16 Tammuz 5780‎ | 8 juillet 2020

Une ère nouvelle dans l’Histoire : une pandémie universelle

Depuis le début de l’Histoire de l’humanité, aucune maladie, aucune épidémie n’a touché l’ensemble de l’univers, sauf le déluge à l’époque de Noa’h. Il est remarquable que lorsqu’une épidémie frappait la population, c’était une région du globe qui était malade – la peste noire, la grippe espagnole – aujourd’hui l’univers entier est atteint, et c’est cet aspect fondamental, à notre époque, qu’il s’agit d’analyser. C’est le caractère unique d’un phénomène universel qui nous invite à réfléchir.

En hébreu, il y a un seul mot pour exprimer la dimension spatio-temporelle : le terme « olam », עולם – qui inclut le temps et l’espace. Ce terme est lié à la racine : « néélam » – נעלםqui exprime l’idée de « mystère », de quelque chose d’inconnu, que l’on ne peut saisir rationnellement. On sait que la science moderne a saisi cette relation sémantique entre ces deux dimensions. Un savant moderne a écrit : « L’unification par la théorie de la relativité des notions de temps et d’espace a introduit une harmonie qui n’existait pas » (Professeur Langevin). Cette harmonie était déjà incluse dans le concept de « olam ». Mais il y a à cela une condition : c’est que l’harmonie règne au niveau du créé, et donc que cette tentative unitaire se réalise idéalement, et reflète l’Unique.

Par ailleurs, on sait que chaque individu vit dans une triple relation : avec soi-même (son corps), avec autrui (la société) et avec la transcendance. Ce sont les trois dimensions liées, en Eloul, au repentir : la Techouva (le jeûne), la Tsedaka (la société) et la Tefila (lien avec le tout-Puissant).

Ouvrons les yeux, voyons plus clair, et nous remarquons que tous ces domaines sont touchés par le virus actuel : le temps, quelle limite dans le temps ? Quand pouvons-nous espérer voir une fin ? L’espace : quel lieu n’est pas contaminé ? Le monde entier est touché ! Le corps, inutile de préciser qu’il est la première victime. Précisément, dans l’élément vital, la respiration, les poumons. Remarquons que c’est pratiquement le même mot pour la néchama (נשמה-âme) et la nechima (נשימה-respiration). L’élément social : la société est démembrée. Les gens restent enfermés chez eux. L’économie mondiale est désemparée. Il ne reste qu’une issue : nous relier au Maître de l’univers. Il convient de s’élever, et de prendre conscience de la gravité d’une situation exceptionnelle.

On n’a pas l’habitude, dans cette chronique, d’effrayer, de créer une panique, mais nous sommes contemporains d’une épreuve sans précédent pour l’humanité. La proximité de Pessa’h nous invite à réfléchir et à ne pas oublier que, dans les moments les plus difficiles, l’Eternel n’a cessé de protéger Son peuple et, finalement, lui a envoyé la Gueoula, le salut. Espérons voir bientôt cette libération. L’humanité doit prendre conscience qu’elle est limitée, que malgré toutes les avancées techniques, elle n’est pas toute-puissante. Rapprochons-nous de Lui ; Il réalisera la volonté de ceux qui Le révèrent, רצון יראיו יעשה (Tehilim 145,19) et Il nous apportera la Gueoula, במהרה בימינו, bientôt de nos jours !