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6 Nisan 5780‎ | 31 mars 2020

Supplément Torani : Chabbat Mikets

Chlomo Messica

Notre paracha débute par une nouvelle période éprouvante de la vie de Yossef : après avoir été maltraité par ses frères, vendu comme esclave à plusieurs reprises, il se retrouve jeté dans un cachot pour avoir refusé les avances de la femme de Potifar.

Le malheur de Yossef était cependant sur le point de prendre fin. Grâce au rêve de Pharaon, il trouvera l’occasion de se faire remarquer par le monarque égyptien et d’accéder ainsi à la plus haute dignité de l’époque. La Torah commence ce récit en soulignant qu’il survint à la fin d’une période : « Ce fut, au terme de deux ans, que Pharaon eut un songe… » (Béréchit 41, 1). Que vient donc souligner ce « terme », cette fin d’une période de deux ans ? Le verset n’aurait-il pas pu simplement indiquer qu’après deux ans, Pharaon eut ce rêve ?

La punition de Yossef

Le Midrach (Béréchit Rabba 89, 1) établit un parallèle entre ce premier verset de notre paracha et cet autre verset tiré de Job (Iyov 28, 3) : « Il a établi des limites pour l’obscurité. » Le Midrach commente ainsi cette annonce : « [D.ieu] a déterminé combien d’années le monde baignerait dans l’obscurité. » Quelle est donc la relation entre le terme des années d’emprisonnement de Yossef, et la durée de « l’ère de ténèbres » qui régnera sur le monde ? Pour tenter de démêler cette histoire, il nous faut revenir à la paracha de la semaine passée, dans laquelle la Torah relate les circonstances de l’emprisonnement de Yossef, ainsi que ses péripéties avec ses compagnons de geôle. Après avoir convenablement interprété les rêves du maître échanson et du maître panetier, Yossef y vit un moyen de pouvoir retrouver la liberté. Il demanda à cet effet au maître échanson – qui, selon ses prédictions, avait retrouvé sa fonction – d’intercéder en sa faveur auprès du souverain. Or, comme le souligne Rachi (Béréchit 40, 23), c’est parce que Yossef avait placé sa confiance dans cet homme plutôt que dans D.ieu, qu’il dut rester enfermé deux années supplémentaires. Sans entrer dans le détail des motifs de cette punition, nous notons là que Yossef a été écroué pour une raison déterminée par le Ciel, et que c’est uniquement celle-ci qui justifia son incarcération prolongée. Certes, s’il a au début été jeté au cachot à cause des accusations infondées de la femme de Potifar, cet aspect des choses constitue uniquement « l’apparence causale » qui régit notre monde. De même pour la prolongation de ces deux années d’emprisonnement : même si la Torah souligne que le maître échanson « ne se souvint plus de Yossef et l’oublia » (supra 40, 23), les véritables causes de cette peine prolongée relèvent des desseins divins, qui déterminent les événements de ce monde selon des critères qui échappent généralement au regard humain.

Une nouvelle grille de lecture

Dans cette optique, nous pouvons reprendre le récit par lequel débute notre paracha, et y confronter les « causes humaines » avec les « causes divines ». Selon la lecture première du passage relatant les songes de Pharaon, nous comprenons que ce sont ces événements qui ont permis la libération de Yossef. En effet, c’est grâce aux rêves de Pharaon que le maître échanson s’est souvenu de Yossef, qu’il a ainsi eu l’occasion d’intercéder en sa faveur auprès du monarque (quoique de façon fort mitigée…) et que le jeune esclave hébreu a ainsi pu accéder à la plus haute dignité. Pour nous proposer une autre « grille de lecture », le Midrach précité établit une relation entre cet épisode et le verset de Job : « Il a établi des limites pour l’obscurité. » Dans cette citation, l’obscurité illustre tous les maux, souffrances et adversités que l’individu peut endurer durant son existence. Et ce que ce verset nous apprend, c’est que ces épreuves possèdent leurs propres limites, celles-là même que D.ieu leur aura imparties. Même si telle adversité nous semble avoir des causes humainement bien définies , nous devons néanmoins savoir que l’analyse humaine ne peut embrasser les événements dans leur ensemble, ni appréhender les desseins profonds qui les sous-tendent. L’obscurité – prise au sens littéral – est certainement due à l’absence de lumière, mais en arrière plan, c’est bel et bien le Maître du monde qui en établit les limites.

Une question de perspective

Dès lors, la précision du premier verset de notre paracha souligne un point crucial : « Ce fut, au terme de deux ans, que Pharaon eut un songe… » En clair, si Pharaon a eu ces songes à ce moment-là, c’est parce qu’on était alors arrivé au « terme de deux ans » – à savoir à la fin de la période supplémentaire que Yossef avait été condamné à passer en prison, pour avoir placé sa confiance dans un homme plutôt qu’en D.ieu. Suivant cette lecture, ce ne sont pas les songes de Pharaon qui ont permis à Yossef de sortir de prison. Bien au contraire, c’est la fin de l’échéance de l’emprisonnement de Yossef qui a suscité ces songes, et ceux-ci s’avèrent être non pas la cause mais bien l’effet de la libération du jeune homme. Ce changement de perspective nous apprend ainsi que, dans notre analyse de tout événement – qu’il s’agisse de faits historiques ou de situations banales de la vie courante – nous ne devons pas perdre de vue le fait que les causes apparentes cachent toujours des causes plus profondes, qui nous échappent généralement. Ainsi, lorsque nous nous efforçons de trouver une solution à un problème, notre réaction première consiste à le disséquer pour lui trouver une faille. Même si cette attitude est évidemment tout à fait légitime, elle ne doit pas nous faire perdre de vue le fait qu’en définitive, les relations de cause à effet suivent un ordre bien souvent inverse de celui que nous nous représentons.