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3 Nisan 5780‎ | 28 mars 2020

L’histoire de la communauté de Westhoffen

La profanation de plus d’une centaine de tombes du cimetière juif de Westhoffen a fortement choqué la communauté juive. Et si cette émotion a été particulièrement vive c’est probablement, d’abord parce que la communauté est l’une des plus anciennes d’Alsace mais aussi parce que, dans son cimetière, reposent pour l’éternité, de grandes figures juives qui ont marqué l’histoire de la France en général et également celle de la communauté juive. Rappel historique.

Des Juifs ont vécu probablement heureux à Westhoffen au 14e siècle et ce, grâce à la tolérance des Seigneurs de Hanau-Lichtenberg qui avaient reçu la petite ville en gage et qui auraient relativement protégé « leurs » Juifs. Pourquoi ? Apparemment parce que certains notables juifs avaient su faire fructifier la fortune des Seigneurs. Et ceux-ci avaient su s’en montrer reconnaissants. Cependant même s’ils n’étaient pas persécutés, les Juifs de Westhoffen devaient verser aux Comtes, un impôt spécial et, jusqu’à la Révolution, ils ne pouvaient, de facto, pratiquer aucun métier manuel à l’exception de celui de cho’het. Alors à défaut, ils se consacraient au commerce, en particulier à la vente de bestiaux, mais surtout à la finance. Ce qui a eu pour conséquence de créer un sérieux fossé social au sein même de la communauté entre Juifs très aisés, proches des Comtes et Juifs bien plus nécessiteux. La Révolution puis l’accession au trône de Napoléon vont enclencher un processus d’émancipation auprès de la communauté juive de Westhoffen qui ne compte alors guère plus de 300 Juifs. Mais l’on peut dire que la communauté restera tout de même relativement religieuse et sera le berceau de plusieurs célèbres familles du grand rabbinat français à tel point que certains la surnommeront la « petite Jérusalem ». A
la fin du 19e siècle la communauté de Westhoffen repose sur une personnalité religieuse de haut niveau mais qui n’est pas officiellement rabbin. Il s’agit de Feissel Kahn qui était considéré comme un homme particulièrement érudit en Limoud Torah et probablement aussi kabbaliste. L’excellent site du Judaïsme alsacien, dirigé de main de maître par le Dr Michel Rothe à Jérusalem, indique que Feissel Kahn est né vers la fin du 19e siècle et mort, relativement jeune, après la Première guerre mondiale. Il étudiait chaque jour et chaque nuit avec son frère mais également avec des juifs originaires de Pologne qui s’étaient installés au début du 20e siècle en Alsace. Il avait apparemment pour tradition de réciter en pleine nuit, le Tikoun ‘Hatsot.
Parmi les rabbins français qui sont nés ou ont vécu à Westhoffen on trouve le grand rabbin Simon Debré qui fut le grand-père du Premier ministre Michel Debré, bien avant que la famille ne se convertisse au christianisme. On peut également noter que le grand rabbin de France avant et pendant la Shoah, le grand rabbin Isaïe Schwartz repose dans le cimetière de Westhoffen. Plus près de nous, la famille du grand rabbin Michel Gugenheim est originaire de Westhoffen. Son père le grand rabbin Ernest Gugenheim qui fut directeur du Séminaire rabbinique de la rue Vauquelin et son grand père, le grand rabbin Max Gugenheim sont nés à Westhoffen et ce dernier est enterré avec son épouse dans le cimetière profané, la semaine dernière. Mais ce n’est pas tout : ceux qui ont eu l’occasion de visiter le cimetière juif de Westhoffen avant ou après la profanation ont certainement remarqué que les parents du premier président du Conseil juif Léon Blum, Avraham et Alice Blum y reposent en paix tout comme apparemment l’un des grands pères de Karl Marx qui était apparemment rabbin… On raconte que les rapports entre Juifs et non juifs étaient excellents à Westhoffen. Ainsi chaque vendredi soir, c’était des femmes alsaciennes non juives qui se rendaient dans les foyers juifs pour éteindre les lampes à huile dans les foyers juifs. Et en semaine, plusieurs jeunes filles non juives servaient de couturière ou même de femme de ménage dans ces mêmes foyers. Preuve de l’entente sincère qui existait dans cette petite bourgade située aujourd’hui dans le canton de Saverne : au 19e siècle les Juifs de Westhoffen obtiennent le droit des autorités d’installer autour de la ville, un érouv qui leur permettra de porter librement durant le chabbat. La communauté comptera au cours des derniers siècles trois synagogues : la première sera construite en 1626, la seconde en 1760. Elles ont toutes deux été détruites pour laisser la place à la synagogue érigée en 1868 grâce à l’aide financière substantielle de Juifs de Westhoffen ayant émigré au début du 20e siècle aux Etats-Unis où ils ont fait fortune. Cette synagogue aujourd’hui désaffectée se dresse toujours au milieu du village. Comme dans de nombreux petits villages d’Alsace il ne reste aujourd’hui plus de Juifs à Westhoffen. Le dernier juif serait décédé en 1999. Mais de par sa proximité avec Strasbourg, il est relativement fréquent que des Juifs strasbourgeois demandent à être inhumés dans le cimetière qui a été profané. Il faut regretter que l’on ne se souvienne de ce prestigieux judaïsme alsacien aujourd’hui disparu qu’au rythme des profanations des cimetières juifs mais c’est malheureusement la difficile réalité en France en cette fin d’année 2019.

DANIEL HAÏK

3 questions au Rav Avraham Weil, grand rabbin de Strasbourg

Haguesher : Que ressentez-vous après cette nouvelle profanation ?

Rav Avraham Weil : D’abord de la colère et de l’émotion. Mais aussi un terrible sentiment d’impuissance parce que c’est la troisième fois, en un an, qu’un cimetière juif est profané en Alsace. Et qu’il y a eu selon ce que nous a dit le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner plus d’une cinquantaine d’actes de dégradation contre des sites juifs ou des graffitis antisémites sur des lieux publics ! J’espère qu’avec les mesures prises par les autorités, on arrêtera ce groupe de profanateurs qui est le même qui a frappé à Herrlisheim et à Quatzenheim. Il s’agit de groupes néo-nazis d’extrême-droite qui sont bien organisés et malheureusement efficaces.

– Pourquoi l’Alsace est-elle plus touchée par ces actes que d’autres régions de France ?

– Je pense qu’il s’agit là d’une réaction des néo-nazis au fait que dans la vie de tous les jours il existe une réelle entente et cohabitation entre juifs et non juifs en Alsace. Et je pense que là où il y a une cohabitation parfaite, ceux qui s’opposent font tout pour la détruire et lorsqu’ils n’y parviennent pas, ils s’attaquent aux symboles et aux morts.

– Quel avenir pour les sites juifs d’Alsace dans les nombreux villages où il n’y a plus de communauté ?

Il n’y a plus de communauté juive à Westhoffen mais pour autant, il y a encore des enterrements de juifs dans son cimetière qui est donc encore en « activité » et qui accueille les visites de nombreux Juifs en particulier de Strasbourg. Mais il est vrai qu’il y a beaucoup de cimetières juifs qui sont totalement désertés. Au niveau de la communauté, votre question se pose pour les nombreuses synagogues, les anciens mikvés qui sont des trésors historiques mais coûtent très chers à entretenir et qui sont souvent dans un état de délabrement avancé. Nous avons au Consistoire un département patrimoine très solide dirigé par Yoav Rossano, qui fait un travail remarquable de préservation de ce patrimoine. Et l’une des réponses à votre question vient des habitants et élus non-juifs qui s’avèrent être très attachés à ce patrimoine juif, qui veulent le maintenir comme on peut le voir avec le projet de « veilleurs de mémoire ». Et c’est impressionnant de le constater !

PROPOS RECUEILLIS PAR DANIEL HAÏK