8 Heshvan 5781‎ | 26 octobre 2020

J’ai prié pendant 40 jours…

S.Malka

« J’ai reçu la bénédiction d’un grand Rabbin pour la guérison d’un proche et il n’a pas guéri… », « Nous avons fait toutes les segoulot, mais ça n’a pas ‘marché’ ». Oui, cela arrive, il nous semble que nos efforts n’ont pas payé, que les cieux ne se sont pas ouverts pour nous. Est-ce possible ? D.ieu n’a pas écouté notre prière ? Il nous a fermé la porte ? Cette question revient souvent à notre époque où nous cherchons à être maîtres de notre destin, prêts à payer le prix qu’il faut pour obtenir des résultats concrets, immédiats. Nous souhaitons trouver un conjoint, un travail, avoir un enfant. Que faut-il pour cela ? Donner la Tsedaka ? D’accord. Voyager en Israël pour recevoir des bénédictions de Grands Rabanim, d’accord. Se recueillir sur les tombes de Tsadikim aux quatre coins du monde, d’accord. Tous les efforts valent la peine si à la fin nous obtenons ce dont nous avons besoin… Une sorte de monnaie d’échange, de moyen de paiement. Est-ce ainsi que cela fonctionne ? Est-ce à cela que se résume notre relation avec notre Créateur ? Comment envisager dans cette optique, un refus ? Comment l’accepter ? Yaacov Avinou fait un peu d’ordre dans notre relation avec D.ieu en général et la prière en particulier : Yaacov Avinou se prépare à rencontrer Essav : Il lui envoie des cadeaux, prie et s’organise en cas de guerre. Nous nous arrêterons sur sa prière. Il rappelle à D.ieu ses promesses. En effet, par deux fois D.ieu lui a promis sa protection ainsi qu’une grande descendance. La première fois a eu lieu 22 ans plus tôt lorsqu’il a quitté ses parents, seul, menacé de mort par son frère et sans le sou. La deuxième a lieu sur le chemin du retour, entouré de ses femmes, ses enfants, lourd de sa grande richesse. Malgré cette double promesse, Yaacov est inquiet, il craint… de ne pas être méritant de la miséricorde divine. D.ieu l’a tellement comblé, peut-être a-t-il épuisé ses mérites ? Il implore D.ieu comme on demande une faveur gratuite, comme si, pour sa part, rien ne lui était dû. Yaacov Avinou, le patriarche, dont chaque seconde de la vie est consacrée au service divin de la manière la plus pure et parfaite possible, dont le quotidien est rythmé par la prière et le travail intérieur de soi ressent profondément que D.ieu ne lui doit absolument rien. Tout est bienfait et miséricorde infinie. Cette courte prière est le reflet d’une ligne de vie : Nous devons tout à D.ieu. Lui, ne nous doit rien. Nous l’implorons, faisons des efforts pour nous rapprocher de Lui. Lui, dans sa bonté infinie, nous comble de ses bienfaits, gratuitement. Il faut comprendre la nuance : Qui est l’acteur principal ? C’est D.ieu ou c’est moi ? Les actions sont les mêmes depuis des générations : la prière, le don à la Tsédaka, les Segoulot. Mais qui apporte la délivrance ? Ce sont mes actions, mes mérites ou la bonté infinie de D.ieu ? Le véritable test a lieu lorsque les choses ne se déroulent pas exactement comme nous l’avons prévu… Yaacov, après sa prière, est confiant envers Hachem mais il sait que la décision finale de ce qui se déroulera est entre Ses mains, uniquement. Celui qui vit avec Emouna sait accepter une autre éventualité que celle qu’il a prévue, justement parce qu’il fait confiance… Il laisse D.ieu guider sa vie. C’est cela même la Emouna, car si la relation entre nos actions et leurs résultats était mathématique, serait-ce cela la foi ? Celle-ci réside dans la part voilée, incomprise de notre vie. Alors, continuons à prier, à péleriner, à donner de la Tsedaka, à organiser des « Hafrachat ‘Hala », des « Seoudot Amenim ». Faisons tout cela avec Emouna : Laissons le Tout puissant nous mener par la main, là où Lui, et Lui seul, a décidé.