7 Kislev 5780‎ | 5 décembre 2019

L’Allemagne revoit son mode de sécurité après l’attentat de Halle

La stupeur a vite laissé place à l’indignation au lendemain de Kippour. Alors qu’une fusillade visant la synagogue de la ville de Halle a fait deux morts le 9 Octobre dernier, une passante et un homme qui se trouvait dans un restaurant voisin, on apprend qu’aucune présence policière n’était alors prévue. Or si l’assaillant, un antisémite d’une rare violence, était parvenu à forcer les portes fortifiées de la synagogue en question, le carnage aurait été immédiat. Plus de 50 personnes étaient alors réunies en ce jour le plus saint du calendrier juif.

Pour Josef Schuster, président du conseil central des juifs d’Allemagne, c’est tout simplement « scandaleux qu’aucun agent de police n’ait été affecté devant la synagogue ce jour là, où le nombre de fidèles est le plus important de l’année ! » Depuis chacun s’interroge sur la meilleure façon d’assurer une véritable sécurité aux fidèles et aux institutions juives allemandes. Moyens technologiques supplémentaires, comme ces fameuses portes fortifiées installées récemment et qui ont permis de sauver des vies, système de reconnaissance faciale, vidéo surveillance reliée au commissariat ou bien une présence permanente de forces de police devant les bâtiments religieux, comme c’est le cas en France ? Face à la gravité de la situation, les autorités allemandes ont développé un plan en 10 points, incluant un panel de mesures combinant justement les moyens technologiques de pointe et « la présence de la police devant les synagogues qui revêt une importance particulière » selon les termes du communiqué ministériel. Toutefois, les membres de la communauté juive allemande attendent désormais des actes concrets et ne veulent plus se contenter de promesses.

Des idées antisémites aux actes en constante augmentation

En effet, il est temps selon eux de prendre le problème à bras le corps. Outre une recrudescence en 2018 avec 1800 actes commis en Allemagne, une récente étude du congrès juif mondial montre qu’un allemand sur quatre a des idées antisémites. 41 % pensent que les juifs parlent trop de l’Holocauste. 28 % affirment que les juifs ont trop de pouvoir dans l’économie, 26 % estiment qu’ils ont trop de pouvoir dans la politique mondiale, enfin 48 % affirment que les juifs sont plus fidèles à Israël qu’à l’Allemagne, 12 % croient qu’ils sont responsables de la plupart des guerres dans le monde et 22 % disent que les juifs sont détestés à cause de leur comportement, selon cette étude publiée dans le Süddeutsche Zeitung le 23 octobre dernier. De quoi raviver les plaies d’un passé, que l’on croyait enterré.

ISABELLE AZRIEL