22 Heshvan 5780‎ | 20 novembre 2019

Rav Abdallah Somekh

Rav Abdallah Somekh, né en 1813 à Bagdad, est l’un des plus célèbres descendants de Rabbi Nissim Gaon, et fut nommé à l’image du petit-fils Abdallah de Rabbénou Nissim, et dont le prénom sera perpétué dans la famille de génération en génération. Rabbi Abdallah eut pour maître ‘Hakham Yaakov Harofé, avec qui il étudia la Torah jour et nuit dès sa plus tendre enfance. Rabbi Abdallah Somekh fut l’aîné de ses 8 frères et 8 sœurs, et était initialement destiné au métier de commerçant. Cependant, peu après avoir épousé sa cousine Sera’h, et constatant le besoin urgent de redressement spirituel de la communauté de Bagdad, Rabbi Abdallah Somekh abandonna rapidement ses affaires afin de s’adonner exclusivement à l’étude et à la formation de maîtres de Torah. Grâce au soutien d’un richissime homme d’affaires de la communauté de Bagdad, Rabbi Yé’hezkel ben Rabbi Réouven Ménaché, fut fondé un beth-hamidrach portant le nom de Beth Midrach Abou Ménaché, qui contribua ainsi à la formation de dizaines de maîtres et dayanim tout en assurant leur subsistance matérielle, ce afin qu’ils puissent se consacrer pleinement à leurs futures fonctions. Rabbi Abdallah y fit au début entrer une soixantaine d’élèves triés sur le volet, sélectionnés parmi les meilleurs du pays, garantissant ainsi la transmission de la Torah et la pratique de la loi juive partout en Irak. Rabbi Abdallah Somekh apporta aussi sa propre contribution dans l’établissement de la loi juive. Suite à la publication de son livre le Ziv’hé Tsedek, Rabbi Abdallah rétablit nombre d’halakhot oubliées dans le domaine de la che’hita qui furent immédiatement appliquées par la communauté, respectant éminemment la parole de son maître. Malgré les nombreuses institutions de Rabbi Abdallah Somekh, ce dernier n’occupa jamais quelque fonction officielle, et sa renommée se fit uniquement aux dépens de son investissement pour ses frères Juifs. On raconte qu’un jour, alors que Rabbi Abdallah avait fait nommer un nouveau dayan au tribunal de Bagdad, le gouverneur de la ville choisit de convoquer Rabbi Abdallah, et l’envoya chercher par ses gardes avec pour ordre de ramener Rabbi Abdallah au palais. Quand les gardes pénétrèrent dans la pièce où étudiait Rabbi Abdallah, ils furent immédiatement saisis par l’aura qui émanait de ce grand homme, et par celles des respectables Sages dont les visages de marbre marquaient toute l’attention qu’ils portaient aux paroles de Rabbi Abdallah. Les gardes se retirèrent silencieusement de la pièce et rapportèrent au gouverneur « Sais-tu qui nous as-tu envoyé chercher ? Nul autre que le prophète Moussa (Moché) en personne ! ». C’est donc une seconde délégation qui fut ensuite envoyée chez le Rav, cette fois composée des plus grands dignitaires que comptait la ville, invitant cérémonieusement Rabbi Abdallah à se rendre chez le gouverneur. Quant à la décision de Rabbi Abdallah concernant la nomination du juge, elle ne fut bien évidemment pas changée, et c’est avec respect que le gouverneur s’inclina devant le verdict de Rabbi Abdallah. Rabbi Abdallah s’éteignit à Bagdad le jour du 18 Elloul 1889, emporté par l’épidémie qui ravageait la ville. Malgré le décret qui interdisait l’inhumation des corps au sein de la ville afin d’endiguer autant que possible la propagation de la maladie, les Juifs de la ville choisirent d’outrepasser l’ordonnance du gouverneur, et d’enterrer leur maître auprès du grand Rabbi Yéochoua Cohen Gadol. A la désobéissance de la communauté fit suite un immense pogrom, au cours duquel périrent de nombreux juifs. Les juifs de Bagdad firent appel à tout le soutien dont ils disposaient dans le royaume afin de soumettre la décision du gouverneur local à celle d’une instance supérieure, mais échouèrent à obtenir l’appui nécessaire. Quand il fut enfin décidé après de nombreux mois de pourparlers de transférer le corps de Rabbi Abdallah hors des murailles de la ville, quelle ne fut pas leur surprise de découvrir qu’il était resté intact…