24 Tishri 5780‎ | 23 octobre 2019

Avoir de la considération pour tout être humain

L ’histoire suivante n’aurait pu jamais être connue si elle n’avait pas été racontée par le principal intéressé, au rav Yaacov Sitruk qui l’a ensuite livré au public. La scène se passe en Guadeloupe. Un dimanche matin, le rabbin de la communauté juive de Guadeloupe qui, à l’époque était le rav Shimon Benagou, (aujourd’hui en poste à Nice) quitte son domicile pour se rendre à la synagogue pour l’office de Cha’harit. Mais en partant il met la veste de son costume de chabbat et oublie ses papiers d’identité chez lui. Peu après il se fait arrêter pour un simple contrôle : le policier lui demande ses papiers et le rav Benagou lui explique qu’il les a oubliés chez lui et qu’il est en route vers la synagogue. Le policier s’apprête à le verbaliser mais avant il pose alors au rabbin une question inattendue : « Cette synagogue, est-elle consistoriale ?» Le rabbin intrigué lui répond qu’effectivement il s’agit d’une synagogue consistoriale. Le policier apparemment apaisé laisse le rav Benagou partir à condition qu’il revienne avec ses papiers. Une demi-heure plus tard, le rav revient et présente ses papiers : « Très bien, vous pouvez circuler, » lui dit le policier. Le rabbin Benagou demande alors au policier pourquoi il l’a questionné sur la synagogue consistoriale. Et là le policier explique au rabbin de la Guadeloupe, qu’il avait fait au début de sa carrière une année de service à Paris dans le département de la sécurité des lieux de cultes et qu’il avait été affecté à la protection du bâtiment du Consistoire Central rue St Georges à Paris. Au début tout le monde me disait bonjour mais peu à peu, les bonjours se sont raréfiés. Mais parmi tous ceux qui rentraient chaque jour au Consistoire central, il y avait le grand rabbin de France Joseph Sitruk et il a été le seul à se déplacer et à faire un détour pour venir chaque jour me saluer et cette marque d’attention m’avait beaucoup touché. Et plus d’une fois je me suis demandé comment j’allais pouvoir rendre la politesse au grand rabbin. Et lorsque vous m’avez parlé de synagogue, je vous ai demandé si elle était consistoriale parce que cela la reliait au Consistoire et au grand rabbin Sitruk. Et d’une certaine manière en ne vous verbalisant pas je rendais au grand rabbin la gentillesse qu’il a témoigné durant cette année à mon égard ». Pour le rav Yaacov Sitruk qui l’a entendue de la bouche du rav Benagou, cette histoire montre admirablement bien la considération que le grand rabbin Yossef Haïm Sitruk avait pour chaque personne, quelle qu’elle soit, juive ou non.

D.H.