17 Heshvan 5780‎ | 15 novembre 2019

6 choses que tu ne savais (peut-être) pas sur…

Les attentats du 11 septembre 2001

Tu n’étais sans doute pas encore de ce monde quand ces monstrueuses attaques se sont produites sur le sol américain. Mais pour ceux et celles d’entre nous qui les ont vécues en « live », elles resteront à tout jamais gravées dans nos mémoires. Retour sur la journée la plus tragique – mais aussi la plus héroïque – de l’histoire des USA

1. Si ces lignes avaient été écrites en anglais, les 6 mots et 29 lettres que compte notre titre auraient été réduits à seulement 3 caractères : 9/11 – à prononcer Nine Eleven. En effet, lorsque les Américains notent une date en résumé, ils positionnent le mois en premier et ensuite le jour correspondant, contrairement aux Français ou aux Anglais qui procèdent inversement. Nine correspond donc à septembre, neuvième mois de l’année, tandis qu’Eleven renvoie au fatidique onzième jour de ce mois, date de l’attentat terroriste le plus meurtrier de toute l’histoire des États-Unis. Et qui a tellement marqué les esprits, qu’elle a fi ni par s’imposer dans le langage courant comme une expression renvoyant automatiquement aux événements produits en 2001. Coïncidence ou non ? Dans notre calendrier hébraïque, la date du 9/11 (à lire cette fois selon la notation française) est celle de la journée la plus triste de l’histoire du peuple juif. Laquelle ? C’est très simple. En hébreu, 9 se dit Ticha. Quant au chiffre 11, il renvoie au mois d’Av, le onzième à compter de Tichri. Autrement dit, chez nous les Juifs, 9/11 c’est avant tout le jeûne de Ticha Béav, date de la destruction de nos deux Temples et de bien d’autres événements tragiques.

2. Quand on dit « 11 septembre 2001 », on pense naturellement à l’effondrement des Twin Towers, ces fameuses tours jumelles qui incarnaient la prétendue toute-puissance américaine. En réalité, cette date a été également le théâtre de deux autres attentats terroristes eux aussi perpétrés par des avions détournés. Le premier s’est écrasé sur le Pentagone, le quartier général de l’armée des États-Unis, et donc un autre symbole de sa puissance. Quant au deuxième qui visait la MaisonBlanche ou selon certains le Capitole, il s’est écrasé en fi n de compte aux abords de la ville de Pittsburgh après que les passagers ont tenté de se révolter contre les terroristes et de reprendre le contrôle de l’avion. En vain, malheureusement.

3. Les deux avions de ligne qui ont percuté les Tours Jumelles avaient tous deux quitté l’aéroport international Logan de Boston, avec pour destination la ville de Los Angeles, en Californie. Selon les prévisions sataniques des terroristes du groupe Al-Qaïda, ils devaient s’écraser au même moment sur les deux tours, un double impact qui aurait dû rendre l’attaque encore plus meurtrière qu’elle ne le fut. Dans la pratique, la ligne 175 de la compagnie United Airlines a percuté la Tour Sud du World Trade Center seulement dix-sept minutes après que la ligne 11 de la compagnie American Airlines se soit écrasée sur la Tour Nord. Et ce retard de dix-sept minutes a permis à des milliers d’employés de la Tour Sud de dévaler à toute vitesse les escaliers de secours pour échapper in extremis au deuxième attentat. Or il s’avère que ce retard n’a pas été fortuit. Comme le raconte l’auteur Zeev Breier dans un livre en anglais entièrement consacré aux miracles du 11 septembre, il a été provoqué par un certain David Miller, un businessman juif qui avait emprunté le vol 175 d’United Airlines pour conclure une affaire importante à Los Angeles. Sauf que lorsque notre homme regagne sa place dans l’avion, il se rappelle subitement qu’il a oublié sa pochette de Téfi lin en salle d’embarquement. Et parce qu’un Juif ne voyage jamais sans ses Téfi lin, Miller insiste pour récupérer en toute vitesse les siennes avant de remonter dans l’avion. L’hôtesse lui refuse cette faveur, arguant que cet aller-retour risque de retarder le vol, mais notre homme d’affaires ne se laisse pas convaincre si facilement. Le ton monte, et le pilote prend fi nalement les choses en main. Il autorise le passager récalcitrant à sortir de l’avion prêt à décoller pour récupérer ses drôles de lanières à qui il semble tant tenir, à la condition expresse de ne pas l’attendre. Miller retrouve ses Téfi lin, mais rate son vol. Il rate aussi son rendez-vous d’affaires à Los Angeles. Mais il gagne quelque chose d’infi niment plus précieux en contrepartie ; sa vie. Et celle de milliers d’employés de la Tour Sud à qui il a laissé le temps de s’échapper pendant les quelques minutes qu’ont duré ses houleuses négociations avec l’hôtesse de l’air et le pilote.

4. À la suite des attentats, des rumeurs se répandent sur les réseaux sociaux, prétendant qu’aucun juif n’était présent au World Trade Center étant donné qu’ils avaient été avertis à l’avance de la catastrophe imminente… En réalité, il ne s’agit là que de l’une des dizaines de théories conspirationnistes qui naissent au lendemain du 11 septembre, certaines allant jusqu’à accuser Israël d’en être à l’origine… Le fait est que les membres du peuple juif n’ont malheureusement pas été épargnés de cette tragédie indicible. Selon différentes enquêtes réalisées par les médias américains à partir des noms des victimes, parmi les 2997 victimes ayant péri lors des attentats du World Trade Center, on estime entre 300 et 500 le nombre de juifs. Certains étaient employés dans les Tours Jumelles, d’autres voyageaient à bord des avions détournés par les terroristes. D’autres encore faisaient partie des centaines de pompiers ou de bénévoles d’Hatzolah, les services de premiers secours qui accourent en masse jusqu’au lieu de l’attentat pour sauver les victimes des décombres ou soigner les blessés .

5. Parmi les centaines de juifs qui se sont illustrés par leur héroïsme et leur abnégation en ces heures si sombres, se trouvait Reb Avremel Zelmanovitz hy»d. Ce Juif new-yorkais partageait son temps entre l’étude de la Torah et un emploi de programmateur informatique au World Trade Center. Comme son bureau se trouvait au 27e étage de la Tour Nord, et que l’impact du premier avion se produisit entre les 93e et 99e étages, il aurait pu avoir le temps de s’échapper du bâtiment en regagnant les escaliers de secours. Mais Zelmanovitz avait pour collègue de travail un certain Ed Beyea, devenu tétraplégique à la suite d’un grave accident de la route. Confi né dans une chaise roulante, il ne pouvait emprunter les escaliers de secours et devait attendre l’arrivée des pompiers pour espérer échapper à l’effondrement imminent des étages inférieurs de la tour jumelle. Ne voulant pas abandonner à son triste sort son collègue en proie à une terrible panique, l’informaticien juif décida de rester fi dèlement à ses côtés et le rassura jusqu’à l’arrivée des secours. Les secours fi nirent par arriver en la personne du capitaine William Burke, mais il était déjà trop tard. Zelmanovitz, Beyea et Burke trouvèrent tous trois la mort en sortant du bureau. Mais le kiddouch Hachem de Reb Avremel Zelmanovitz fut loin de passer inaperçu. Trois jours plus tard, lorsque Mr George W. Bush, alors président des EtatsUnis prit la parole pour consoler sa nation endeuillée, il lui rendit un hommage planétaire devant des millions de téléspectateurs : « Nous avons vu notre caractère national s’illustrer dans d’éloquents actes de sacrifi ces. Au cœur du World Trade Center, un homme qui aurait pu sauver sa vie resta jusqu’aux derniers moments aux côtés de son ami tétraplégique ». Un homme qui, nous le savons, s’appelait Reb Avremel Zelmanovitz hy»d.

6. Nos Sages nous enseignent que toutes les tragédies qui se produisent dans le monde ont pour but d’éveiller le peuple d’Israël au repentir et au changement (traité Yébamot p.63/a). Fait remarquable, les versets cités par le Talmud pour étayer ce principe comportent une allusion fl agrante aux attentats du 11 septembre : « J’ai anéanti des nations, leurs tours gigantesques sont en ruines […] Je disais : “Si seulement tu me craignais et acceptais une leçon!” » En 2001, le 11 septembre tombait le 23 Eloul, soit tout juste une semaine avant Roch Hachana. Et pendant que les dirigeants internationaux criaient à la vengeance contre Bin Laden et ses sbires, nos Rabbanim ne manquaient pas de souligner que l’effondrement tragique de ces tours gigantesques, que tous croyaient indestructibles, était avant tout un fracassant appel à la téchouva lancé aux Juifs dans le monde entier.

Par Ora Marhely