18 Adar I 5779‎ | 23 février 2019

Terrible acte de vandalisme à Jérusalem Des Sifré Torah profanés dans la synagogue Sia’h Israël qui accueille le Beith Sandler !

La synagogue de la communauté francophone Sia’h Israël dans le quartier de Kiriat Yovel a vécu dans la nuit de lundi à mardi l’une de ses heures les plus sombres. En effet des inconnus se sont introduits par une fenêtre dans l’enceinte de cette synagogue qui héberge également le Beith Sandler au nom des victimes de l’attentat d’Ozar Hatorah Toulouse le 19 mars 2012, et ils ont forcé l’armoire sainte avant de jeter à terre plusieurs Sifré Torah. Récit de cet acte scandaleux. Il est difficile d’imaginer, et plus encore de décrire, l’amplitude de l’onde
de choc qui a frappé ce mardi, d’abord Jérusalem, puis l’ensemble du pays après l’annonce de la profanation dans la nuit de lundi à mardi, de plusieurs Sifré Torah dans la synagogue de la communauté francophone de Sia’h Israël à Kiriat Yovel. Cette synagogue qui abrite également le collel du Beith Sandler fondé à la mémoire du rav Yonathan Sandler, de ses enfants
Arié et Gabriel et de Myriam Monsonégo zal qui ont été assassinés devant l’Ecole d’Ozar Hatorah de Toulouse en mars 2012. Le rav Shemouel Marciano qui, outre ses fonctions de conseiller municipal, est également
le roch collel du Beith Sandler. Il est arrivé sur place mardi matin très tôt
pour étudier avant le début de l’office de Cha’harit. C’est en ouvrant la porte qu’il a découvert cette terrible scène : plusieurs Sifré Torah sans leur robe étaient jetés à même le sol, et l’on pouvait distinguer qu’ils avaient été aspergés de javel : « Cette scène était très douloureuse. C’était terrible. J’ai immédiatement appelé la police qui est arrivée sur place et j’ai demandé
aux policiers de pouvoir relever les Sifré Torah du sol. Ce sont des images qui ne me quitteront pas et qui me rappellent celle de l’Allemagne durant la Shoah ». C’est d’ailleurs le même type de message comparatif qu’a fait passer le grand rabbin ashkénaze de Jérusalem rav Arié Stern lorsqu’il s’est rendu sur place dès mardi matin : « Cela ressemblait aux images de la Nuit
de Cristal », a-t-il déclaré. Le Richon leTsion rav Chlomo Amar n’a pas caché sa peine : « C’est terrible. Il faut qu’un tel choc nous sorte de notre torpeur. C’est inacceptable ». Le président de l’Etat Réuven Rivlin et le Premier ministre Nétanyaou se sont déclarés choqués par cette profanation perpétrée au coeur de Jérusalem et ont émis l’espoir que les responsables
de cet acte seront arrêtés et sanctionnés. Mr Nétanyaou a demandé à la police de mener une enquête prioritaire. Le ministre des Cultes
Its’hak Ouaknine (Chas) a affirmé : « Cette vision de Sifré Torah profanés doit ébranler chaque Juif ». Le Maire de Jérusalem Moché Léon et le
ministre de l’Intérieur Arié Derhy se sont rendus dans la synagogue
profanée. Arié Derhy, visiblement troublé, a qualifié cet acte de « pogrom antisémite scandaleux surtout lorsqu’il est commis dans une synagogue à Jérusalem ». Quant à Moché Leon, il a affirmé qu’il s’agissait là d’un « événement grave qui rappelle les périodes les plus sombres de l’histoire du peuple juif ». Ils ont exprimé leur stupéfaction et ont promis de trouver une solution pour abriter provisoirement la communauté Sia’h Israël jusqu’à
ce que les choses rentrent dans l’ordre. Mais parmi les nombreuses réactions, il en est une qui a particulièrement ému. C’est celle d’Eva Sandler qui a appris la nouvelle de la profanation de la synagogue abritant le Beith Sandler alors qu’elle s’apprêtait à s’envoler pour Paris afin de participer ce lundi (4/2) au gala annuel du Beith Sandler dans les salons Hoche (voir notre entretien page 12). Interrogée par Haguesher, elle a déclaré : « Je
suis choquée, terrifiée, et attristée. Ce que j’ai vécu ce matin m’a replongé tout droit vers le 19 mars 2012. Cette profanation est un acte de haine, une scène de crime, une atteinte à notre identité juive et religieuse. Ils ont profané une synagogue, un bet midrach ! Cela fait mal. Mais malgré tout je continuerai à aller de l’avant. Je continuerai à lutter contre cette haine en essayant de diffuser plus d’amour, et en perpétuant le souvenir de rav Yonathan, Arié, Gabriel et Myriam Monsonégo zal ». Israël Lévy est le président (gabbaï) de la communauté de Sia’h Israël, dont le guide spirituel est le rav Chalom Cohen. Arrivé mardi matin très vite sur les lieux, il a ensuite, durant toute la matinée, veillé à préserver l’honneur des Sifré Torah profanés. Il a tenu à exprimer au travers d’Haguesher, à la fois sa peine mais également un étonnant sentiment d’élévation spirituelle face à cette tragédie qui touche de plein fouet sa communauté : « Nous ne pourrons trouver les mots adéquats pour décrire la peine ressentie en
voyant notre Beth Haknesset souillé et profané, avec les Sifré Torah jetés sur le sol. Et, à l’heure où nous livrons ce témoignage, le Rav de notre Kéhila, Rav Chalom Cohen Chlita, se dirige chez le maître de la génération, rav ‘Haïm Kaniewsky Chlita pour demander ce en quoi nous devons nous renforcer… Mais, en dépit de cet acte de vandalisme terrible qui nous laisse sans voix, nous avons été fort impressionnés par les réactions chaleureuses provenant de tous bords : depuis l’annonce de la profanation, une véritable chaîne d’unité et de solidarité s’est formée naturellement autour de notre communauté. Nous avons reçu de nombreuses réactions de soutien et de sympathie. Ainsi des voisins qui n’ont pas l’habitude de venir prier nous ont exprimé leur souhait de venir participer avec nous au prochain office. De même, un agent de police qui était en faction devant notre synagogue nous a confié un don généreux. De nombreuses personnes nous ont téléphoné pour nous proposer de venir aider au déblayage puis au nettoyage du Bet Knesset. Nous avons également reçu dans la synagogue de nombreux rabbanim ainsi que plusieurs personnalités politiques. Toutes ces marques d’affection nous ont fait chaud au coeur et ont permis d’atténuer le choc de cette profanation… Le message à en tirer est clair : au-delà de tous les clivages qu’il peut y avoir au sein de notre peuple, nul ne reste insensible lorsqu’on porte atteinte à ce que nous avons de plus cher et de plus saint : nos Sifré Torah ! Nous formons tous une seule entité animée d’un attachement profond à notre torah qui avait tous nos cœurs … Achrèkem Israel!