15 Adar II 5779‎ | 22 mars 2019

S. Malka Les lumières face à La lumière, de nos ancêtres à nos jours

Voici un an que le Tsadik, notre Maître Rav A.Y.L. Steinman nous a quittés. Et pourtant, il est tellement vivant ! Tellement de livres ont été écrits sur sa vie, son enseignement. Chaque semaine, on découvre une vidéo, un enregistrement inédit et nous sommes ébahis ! Combien de sagesse ? Combien de modestie ? Il vivait parmi nous mais nous ne connaissions pas sa grandeur, nous la découvrons jour  après jour, encore un  peu plus à chaque fois. La Torah dit que les Tsadikim après leur mort sont appelés
vivants. Nous le sentons, le voyons tellement ! Et nous nous interrogeons : Mais qu’est-ce qu’un Tsadik ? Nous lui demandons conseil, que ne ferions-nous pas pour avoir sa bénédiction ? Nous buvons ses paroles car nous savons qu’il n’est pas comme nous, qu’il est au-dessus de nous… Le Tsadik, dès son jeune âge a fait entrer la Torah dans sa vie, de manière totale. Elle guide chacun de ses moindres pas. Il brise sa volonté pour celle de son créateur, soumis totalement à lui. La Torah est divine, infinie. Il rattache la partie de son être, la parcelle de D.ieu que nous avons chacun en nous, qui est divine et infinie à la Torah. Ainsi, cette partie ne cesse de grandir,  se développer jusqu’à occuper tout son être. Il met toute son énergie, sa force, sa jeunesse, son ambition, au service de la Torah et tel un astronaute (encore !), armé de si puissants moteurs, il s’élève au-dessus des autres, sa vie est un combat incessant contre les frottements de l’air et l’apesanteur, la matérialité qui le retient et l’empêche de s’élever, mais une fois hors de l’atmosphère, il est détaché de ce monde, soumis à (presque) aucune influence, plus proche du ciel que de la terre. Il est en quelque sorte seul avec son créateur. Il découvre la lumière infinie, celle qu’Hachem a cachée lors de la création des luminaires, pour les Tsadikim, celle qu’il a découverte grâce à son labeur, dans la Torah. Cette Lumière infinie est l’esprit divin, la connaissance qui n’a aucune limite. Ainsi, Il nous guide, nous éclaire, nous protège. C’est pourquoi nous recherchons tellement à côtoyer le Tsadik, écouter son conseil, recevoir sa bénédiction. C’est pourquoi la mort d’un Tsadik est une si grande perte  et c’est pourquoi, il reste vivant après sa mort. La lumière de la Torah qui est en lui reste avec nous et continue de nous guider. En parlant de Lumière, n’est-ce pas ce que
nous célébrons à ‘Hanoucca ? La victoire de la lumière contre l’obscurité ? Nos sages disent que l’obscurité, c’est la Grèce antique avec tout ce qu’elle représente : la culture, le savoir, la philosophie, le culte de la personne et de la personnalité. Conquérant le monde, les grecs sont arrivés en Erets Israël. Là, ils ont trouvé un peuple avec des valeurs spirituelles, qui aspirait à asservir le corps à l’esprit, qui voyait en ce monde un moyen de servir D.ieu par le biais des Mitsvot. Dès la naissance, il ancrait dans la chair le sacrifice de soi pour l’éternel. Chaque semaine, il arrêtait tout, se détachait de tout pour se rattacher à ses vraies valeurs : la Torah, D.ieu et ainsi à chaque fête : pas d’ordinateur, pas de téléphone, pas de travail, rien que lui et son créateur. L’étude de la Torah était sa prédilection. Un peuple qui recherchait La lumière : divine, infinie et pure. C’était un affront pour ceux qui se voyaient comme des sauveurs de l’humanité, ceux qui ont apporté au monde les lumières, la connaissance, le progrès, le bien
-être. Ils ont combattu ce peuple, lui interdisant l’étude de la Torah, la circoncision, le chabbat et les fêtes. Le combat était bien là : s’élever vers le haut au détriment de ce monde matériel ou descendre vers le bas, au détriment de l’âme ? Les lumières ou La lumière ? Le combat de nos pères, à leur époque,
jusqu’à nos jours.