7 Tevet 5779‎ | 15 décembre 2018

Agressions antijuives et haine d’Israël : le déni continue…

Une conférence du BNVCA et de l’UPJF sur l’antisémitisme a réuni au moins quatre cent cinquante personnes. L’inquiétude est d’autant plus forte que les responsables politiques comme les magistrats occultent encore largement ce que le député Meyer Habib nomme « les racines du mal ».

Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) et l’Union des patrons et professionnels juifs de France (UPJF) se sont associés pour réunir des acteurs de la lutte contre l’antisémitisme lors d’une conférence qui s’est tenue le 5 novembre au Centre Rachi de Paris. Il y avait foule – au moins quatre cent cinquante personnes – pour assister aux interventions d’experts et d’avocats. Modérateur : Michel Zerbib, qui dirige la rédaction de Radio J. Sammy Ghozlan, fondateur du BNVCA, n’a pas été surpris par l’affluence. « Nos coreligionnaires ont parfaitement conscience du danger et de la hausse des actes antijuifs depuis le début de cette année civile, nous dit-il. Ils veulent naturellement en savoir plus…» Le président de l’UPJF, Claude Barouch, a insisté sur la nécessité de combattre l’antisémitisme en rangs serrés – toutes associations confondues. Sammy Ghozlan a souligné le déplacement des attaques des lieux communautaires mieux sécurisés depuis 2015 vers le domicile des victimes ou à proximité. « Depuis trois à quatre mois, indique-t-il, nous recevons entre quatre et cinq signalements par jour. C’était six par… semaine, en moyenne, auparavant. Et je ne suis guère optimiste pour cet hiver». Les juristes présents ont mis l’accent sur l’obstination des magistrats instructeurs, dans les affaires Sarah Attal- Halimi zal, Mireille Knoll zal et d’autres encore, à considérer les bourreaux comme
de simples malades mentaux irresponsables. Un sujet de préoccupation majeur. Des témoins ont raconté leur calvaire, comme cette femme de Romainville, en Seine-Saint-Denis, qui a dû fuir vers la commune voisine des Lilas, plus sécurisée, après avoir subi insultes sur insultes et vu son pavillon comme sa voiture maculés de graffitis haineux. Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme
et l’antisémitisme, a fait le déplacement et soutenu le projet du BNVCA visant à organiser chaque année un concours de poésie dédié à cette cause dans les établissements d’enseignement secondaire. Intitulé « Prix Emile Zola », il est actuellement à l’étude au  ministère de l’Education. Le déni numéro un, l’occultation du lien entre violence antijuive, fanatisme religieux et haine d’Israël, a été longuement évoqué. Sur le même thème, le député UDI des Français de l’étranger Meyer Habib a martelé
qu’il fallait « nommer les choses » au risque de « se condamner à l’incurie » après l’annonce par Edouard Philippe, le 9 novembre, de la hausse spectaculaire des actes antisémites depuis janvier 2018 (lire notre article à ce sujet). « Il faut d’abord identifier les racines du mal, a écrit le parlementaire
sur Internet : négationnisme, islamisme et surtout cet antisionisme que nos gouvernants préfèrent ne pas voir. C’est un fait : à aucun moment le Premier ministre n’a mentionné la haine d’Israël. Or, l’antisionisme est devenu un marqueur culturel puissant dans certains quartiers, les mêmes où le mot ‹Juif› (ou ‹Français› d’ailleurs) est devenu une insulte ! Il est nourri par certains médias et politiques, qui s’abritent derrière la rhétorique antisioniste pour exprimer leur détestation des Juifs ». Tout est dit, hélas…

Axel Gantz