15 Iyyar 5779‎ | 20 mai 2019

Toulouse : un nouveau mikvé… et des projets à foison

L’inauguration du bain rituel de Tournefeuille est prévue pour ce dimanche. Un Chabbat plein géant suivra les 7 et 8 septembre. Le rav Doron Naïm, nommé en janvier rabbin de la ville rose, multiplie les initiatives et on s’attend ici à une affluence record pour Tichri.

L’inauguration du nouveau mikvé toulousain (pour hommes et femmes) a lieu ce dimanche 2 septembre. Au moins deux cents personnes sont attendues en fin d’après-midi par le rabbin consistorial de la métropole occitane, le rav Doron Naïm, et par le rav Avraham Lévy de la synagogue Birkat Haïm qui jouxte ce bain rituel ultra-moderne situé dans la commune de Tournefeuille, à l’ouest de l’agglomération. Tous deux prendront la parole. Le rav Naïm nous indique qu’il soulignera la centralité de la mitsva en question : « Pour le ‹Hafets ‹Haïm, un Juif comptant s’installer quelque part doit se demander s’il y a un mikvé ou une eau vive conforme à la Halakha à proximité, avant même de penser à la choule ou à la future école de ses enfants », insiste-t-il. Il rappelle également un commentaire du Zohar selon lequel le peuple d’Israël, emmené par Moché Rabbenou, a pu échapper aux Egyptiens grâce au mérite des femmes juives qui faisaient mine de pêcher pour se rendre sur les rives du Nil puis s’y tremper au péril de leurs vies, dans la mesure où leurs oppresseurs s’opposaient à cette pratique religieuse. Il existe un mikvé ancien dans le centreville, en pleine rénovation après l’intervention en ce sens de l’épouse du prédécesseur du rav Naïm, le rav Harold Avraham Weill. L’engagement d’Eidel Weill avait permis de
récolter des fonds auprès de particuliers et de l’association ‹Hevra Kadicha, propriétaire des murs de ce bain rituel « historique » dont la restauration sera probablement achevée cet hiver. Mais le secteur
de Tournefeuille, agréable et bien sécurisé, attire de plus en plus de Juifs et il était nécessaire d’y créer un second mikvé. Il fonctionne depuis la mi-août et a déjà accueilli  plusieurs kalot. Outre la synagogue,
un supermarché casher a ouvert ici voilà quelques années. Un autre événement se déroulera les 7 et 8 septembre : un Chabbat plein de rentrée est prévu à l’Espace du judaïsme (EDJ), grand centre communautaire toulousain qui devrait attirer à cette occasion quelque deux cent cinquante convives. Le rav Naïm en profitera pour égrener les projets qu’il porte depuis sa nomination officielle, en janvier 2018. Il avait expliqué alors à Haguesher qu’il souhaitait dynamiser la casherout. C’est en cours : un restaurant sert des pizzas et plats ‹halavi depuis juin à l’EDJ et l’écran plasma retransmettant les matchs de la Coupe du monde de football a boosté d’emblée sa fréquentation. Un nouveau traiteur, une boulangerie-pâtisserie… : d’autres initiatives devraient se concrétiser en 5779. Au chapitre de la jeunesse, crucial dans l’esprit du rabbin et du Consistoire régional, un beth hamidrach sera créé à l’EDJ immédiatement après les fêtes de Tichri. Des chiourim pour étudiants y seront proposés régulièrement. Jusqu’à présent, les cours de kodech étaient quasi-absents du centre (hormis quelques conférences) car délivrés surtout, à Toulouse, dans le cadre de l’école Ohr Torah ou au Beth Habad. Mieux encore : un minyan réservé aux jeunes devrait voir le jour dans une petite salle de l’Espace du judaïsme. Ce sera sans doute pour début 2019. Enfin, le Talmud Torah sera largement modernisé selon le voeu exprimé par le rav Naïm il y a quelques mois. Il restera dans le bâtiment du groupe scolaire Gan Rachi mais sera doté dès septembre d’une classe postbar mitsva et d’une classe d’initiation à l’hébreu et aux tefilot pour les parents. Et des sorties pédagogiques ou récréatives sont désormais au programme, afin de rendre l’enseignement plus attractif et multiplier le nombre d’élèves. Ce dynamisme retrouvé, six ans après la tuerie de 2012 qui avait traumatisé la communauté, se traduira à coup sûr, nous disent les responsables juifs locaux, par une affluence record lors des offices de Roch Hachana, Kippour et Souccot. Premier signe indubitable : on a compté dixsept mariages religieux dans l’agglomération cet été, un chiffre jamais atteint ces dernières années.

Axel Gantz