8 Kislev 5779‎ | 16 novembre 2018

Le projet intercontinental chinois de la « Route de la soie » concerne Israël

Israeli prime minister Benjamin Netanyahu meets with his Chinese counterpart Li Keqianq, in Beijing's Great Hall of the People. March 20, 2017. photo by Haim Zach / GPO ***HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES*** *** Local Caption *** ??? ???? ???? ???? ?????? ?????? ??????? ??? ?????? ????? ??? ?? ??? ????? ??? Li Keqianq

Le projet intercontinental chinois de la « Route de la soie » concerne Israël La Chine, qui va devenir dans quelques années la 1ère puissance économique de la planète, est en train de lancer une série d’axes commerciaux et d’infrastructures (ports, autoroutes, ponts, réseaux urbains) reliant l’Asie à l’Europe et à l’Afrique par le Moyen-Orient dans tous les pays concernés. Vu les très bonnes relations entre Beijing et Jérusalem, ce gigantesque projet pourrait donner à Israël l’opportunité d’exporter vers des pays avec lesquels il n’a pas encore de liens diplomatiques les multiples savoir-faire de la startup nation. Deuxième puissance économique mondiale, la Chine développe une stratégie à long terme très sophistiquée au plan international notamment pour compenser la faiblesse relative de son potentiel militaire eu égard à
la taille de son territoire-continent et à son énorme population : voulant lui aussi s’affirmer, comme la
Russie de Poutine, en tant que superpuissance planétaire, ce gigantesque pays a opté pour une extension de son influence économique (et donc, à terme, politique et militaire) en remettant au goût du jour
en ce début du 21e siècle l’ancien axe commercial de la « Route de   la soie » qui reliait voilà des millénaires la civilisation chinoise à l’Europe et qui eut alors pour effet
de relancer les échanges commerciaux et culturels partout dans le monde. Une nouvelle « Route de la soie » Adoptée par le récent 19e Congrès national du Parti communiste chinois qui a mandaté le président Xi Jinping pour lancer « une nouvelle ère de construction du socialisme
selon les caractéristiques chinoises », cette initiative voudraitdémultiplier l’influence de la Chine en aidant les pays asiatiques, moyen-orientaux et africains de la nouvelle Route de la soie à réduire leur énorme déficit en infrastructures et à promouvoir leur développement économique par le commerce et les échanges internationaux. Alors que l’Occident reste sceptique et méfiant face à ce grand dessein initié par le « pays montant » de l’Empire du Milieu, ces plans chinois visant à fortifier sa position dans les domaines de l’énergie et des transports en Eurasie ne datent pas d’hier. En effet, la Chine a déjà développé des partenariats de ce type sans s’imposer comme leader impérialiste et aujourd’hui,
plusieurs firmes et organisations internationales publiques et privées sont à pied d’oeuvre pour construire des infrastructures dans toutes ces régions. « Ce qui est nouveau, relève Richard Griffiths, professeur d’Etudes internationales à l’Université de Leiden en Hollande et auteur du récent ouvrage ‘Relancer la Route de la soie – La Nouvelle initiative chinoise’, c’est la volonté de ce pays d’engager ses ressources financières et son expertise pour concrétiser tous ces projets ». Israël va être impliqué Comme il existe à présent des projets internationaux chinois déjà budgétisés et financés non liés aux seules firmes chinoises et comme se multiplient les demandes
renouvelées d’investissements chinois au sud et au centre de l’Asie, tout cela renforce le besoin des pays concernés en produits de haute technologie dans un contexte de prospérité montante
dans toute la région, ce qui peut impliquer Israël. De surcroît, ces efforts développant des liens tous azimuts entre les partenaires de la Route de la soie vont faire baisser les prix des transactions, ce qui autorisera Israël de participer plus aisément à certains appels d’offres et à réduire les frais commerciaux des projets dans lesquels il sera impliqué. « Ainsi, explique Griffiths, l’ouverture désormais en projet d’une ligne israélienne de train rapide entre Ashdod et Eilat permettrait une grosse économie de temps pour le commerce international direct ou de transit par rapport à la lente traversée actuelle des cargos dans le Canal de Suez ».
Richard Darmon