11 Tevet 5779‎ | 19 décembre 2018

Charles Aznavour, ami intime des juifs et d’Israël

Charles Aznavour , décédé le 1er octobre, entretenait un lien intime avec le peuple juif. En avril dernier, le grand chanteur français de renommée internationale avait affirmé au quotidien Nice-Matin que les Juifs avaient été « les premiers » à reconnaître son talent, alors que la plupart des critiques dénigraient son allure et sa voix au début de sa carrière. Cet Arménien d’origine s’est produit à plusieurs reprises en Israël où il compte de nombreux admirateurs, à commencer par le président Réouven Rivlin et son épouse, qui se déclarent « inconditionnels » de l’artiste. Charles Aznavour était monté sur scène à Tel-Aviv dès 1949, peu après la proclamation d’indépendance. « C’est la ville du monde que je préfère », a-t-il lancé à l’issue d’un concert donné en octobre 2017 (le dernier dans le pays) au Menora Mivtachim Arena. C’est Réouven Rivlin en personne qui lui a remis à cette occasion la médaille Raoul Wallenberg pour saluer l’aide que les siens avaient apportée secrètement à des Juifs sous l’Occupation. Certains avaient trouvé refuge dans l’appar tement parisien de ses parents, tous deux engagés dans la Résistance et proches du fameux groupe Manouchian. « Nous avons tant de choses en commun, nous Juifs et Armémiens , dans le malheur, le bonheur, le travail, la musique, les arts… J’ai un peu l’impression que je viens ici dans ma famille parce que nous avons la même manière de vivre, de manger et de boire », a confié Charles Aznavour pendant la cérémonie. Réaction de son ami Enrico Macias à l’annonce de sa disparition : « C’était mon maître, a affirmé le célèbre chanteur né en Algérie. J’étais un fan. Il m’adorait. Il n’était pas expansif mais je sentais de l’affection dans ses yeux et ses gestes. Quand j’ai eu des problèmes, il a tenu à me consoler, me donner des conseils. J’ai gardé tout ça dans mon coeur, dans ma mémoire ». Fidèle compagnon de route de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA), Charles Aznavour avait un petit-fils de confession juive.
Axel Gantz