11 Av 5778‎ | 23 juillet 2018

Le Golan en pleine ébullition militaire L’offensive d’Assad sur le Golan syrien appuyée par la Russie : des risques de débordement contre Israël

Lancée le 19 juin dernier, la vaste opération des forces syriennes contre les rebelles sunnites au sud du pays a permis à Assad de récupérer la région frontalière de Nassib avec la Jordanie et de se rapprocher de la frontière-nord d’Israël. Une situation suivie de très près par Tsahal.

Syrian forces of President Bashar al Assad are seen in the Nassib border crossing with Jordan in Deraa, Syria July 6, 2018. Hezbollah Media/Handout via Reuters THIS IMAGE HAS BEEN SUPPLIED BY A THIRD PARTY. IT IS DISTRIBUTED, EXACTLY AS RECEIVED BY REUTERS, AS A SERVICE TO CLIENTS - RC1EDF589120

Nouvelle victoire de taille aux plans territorial et politique pour le régime Assad et ses alliés russes : durement pilonnés par l’aviation russe qui n’est presque jamais intervenue aussi massivement contre des populations civiles, les chefs des positions militaires et civiles des rebelles sunnites du « Front du Sud » (un cartel regroupant une soixantaine d’organisations armées hostiles à Damas) ont accepté le 6 juillet de rendre leurs armes lourdes et d’évacuer les bastions urbains qu’ils contrôlaient depuis trois ans dans toute la région-sud de Deraa, là précisément où avait débuté en février 2011 l’insurrection contre le régime.
Un triomphe d’Assad auquel se surajoute la profonde avancée, ces deux dernières semaines, des forces du dictateur de Damas sur le Golan syrien en direction de la « zone de désengagement » de Kuneitra aux abords immédiats de la frontière-nord d’Israël. Une double offensive qui a provoqué l’afflux de quelque 270 000 réfugiés civils syriens sur les 320 000 ayant fui les combats pour se mettre à l’abri dans des villages de tentes, disséminés le long de la frontière israélienne, comme si cette proximité les « protégeait » ! D’ailleurs la trêve convenue le 6 juillet par l’entremise des Russes devrait permettre leur retour progressif chez eux.
Rappelons que cette zone allant de 500 mètres (au sud du Golan dans la région des Trois frontières) à 10 kms plus au nord près de Kuneitra a été définie le 31 mai 1974 par  HYPERLINK « http://www.mfa.gov.il/mfa/foreignpolicy/peace/guide/pages/israel-syria%20separation%20of%20forces%20agreement%20-%201974.aspx » l’« Accord de Séparation des forces » passé entre Israël et la Syrie sept mois après la fin de la Guerre de Kippour de l’automne 1973 : c’est donc une « zone démilitarisée » qu’aucune des deux armées n’a le droit de franchir et où la Force d’Observation du Désengagement des Nations Unies (UNDOF) spécialement créée à cet effet est censée maintenir le calme. Ce qu’elle n’a fait que jusqu’en mars 2013 avant de se replier comme force d’observation sur le Golan israélien.

Tsahal se prépare à toute éventualité…

Préoccupée par les risques que cette offensive ne menace directement – en une dangereuse « fuite en avant » – son propre territoire par l’éventuelle installation de milices chiites encadrées par des officiers iraniens dans certaines régions reprises par Assad, l’armée israélienne a déployé des bataillons de chars et d’artillerie lourde le long de la frontière, (aux abords des tentes de réfugiés), tout en intensifiant les raids d’observation de son aviation. Une manière de réitérer le message de Jérusalem maintes fois répété auprès de Moscou : à savoir qu’Israël, qui ne saurait voir se rapprocher de sa frontière aucune force pro-iranienne, continuera à agir pour défendre sa sécurité contre les Gardiens de la Révolution islamique et leurs alliés du Hezbollah et des autres milices chiites venues d’Irak et du Liban.
C’est qu’en fait, tout peut arriver – comme on l’a vu lors de l’incident du 6 juillet quand Tsahal a détruit un avant-poste syrien en riposte au tir d’un obus effectué depuis la zone démilitarisée – dans une région si fortement armée et au territoire si exigu ! D’ailleurs, ce dossier sera sans doute l’un des plus urgents à être abordé lors de la nouvelle rencontre, ce mercredi 11 juillet à Moscou (la 3e du genre cette année), entre le Premier ministre Nétanyaou et le président Poutine. Richard Darmon

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