10 Tishri 5779‎ | 19 septembre 2018

La Knesset vote deux projets de loi importants

MK Moshe Gafni speaks during a vote on the ultra-Orthodox draft bill at the assembly hall of the Israeli parliament in Jerusalem on July 3, 2018. Photo by Noam Revkin Fenton/Flash90 *** Local Caption *** ëðñú îìéàä îùä âôðé çå÷ äâéåñ

Après de longues semaines de consultations, la loi sur le non-enrôlement des élèves des yéchivot a été votée, dans la nuit de lundi à mardi, en première lecture par la Knesset. 63 députés ont voté pour, et 39 s’y sont opposés. Comme cela avait été convenu le parti Yech Atid qui siège dans l’opposition a voté en faveur de cette loi tandis que les partis orthodoxes du Judaïsme unifié de la Torah et Shass ont voté contre, sur recommandation des rabbanim. Les députés de la liste arabe unifiée ont quitté l’hémicycle au moment du vote. Mardi, la commission spéciale présidée par le président de la coalition gouvernementale David Amsallem s’est réunie afin de préparer la loi en perspective de la seconde et la troisième lecture. Les deux vice-ministres orthodoxes rav Yaacov Litzman (Judaïsme unifié) et Mechoulam Néari (Shass) ont voté contre la loi mais ils ne seront pas limogés car ils ont bénéficié d’une liberté de vote comme en avait bénéficié la ministre de l’Intégration Sofa Landver (Israël Beiténou) lorsqu’elle avait voté contre la loi sur la fermeture des supermarchés le chabbat. La loi sur l’enrôlement a été votée à l’issue d’un débat houleux dans l’hémicycle, entre les députés de l’opposition (Camp sioniste et Meretz) et ceux de Yech Atid : l’opposition israélienne a accusé Lapid et ses députés d’avoir trahi sa cause en votant avec la coalition. Mais Lapid s’en est défendu en affirmant que cette loi ressemblait à celle qu’il avait déposée il y a quelques années dans le précédent gouvernement Nétanyaou et que donc, il était de sa « responsabilité publique » que de continuer à la soutenir. Dans l’opposition, on a fait remarquer qu’il y au moins une clause essentielle qui ne figure plus dans la loi votée en première lecture lundi soir et qui était dominante dans la précédente version : c’est l’imposition de sanctions pénales personnelles contre les élèves orthodoxes qui refuseront de s’enrôler. A l’issue du vote le leader du Judaïsme de la Torah, rav Yaacov Litzman a déclaré : « Les partis orthodoxes s’étaient opposés à la loi comme le leur avait demandé de faire les membres du conseil des sages de la Torah ashkénazes… Au fil des générations le Peuple d’Israël a lutté pour la préservation de la Torah et il l’a considérée comme sa valeur suprême pour l’avenir du peuple juif. Nous n’accepterons pas de limiter le nombre des élèves des yéchivot et nous ne soutiendrons pas l’attribution de sanctions contre ces élèves », a dit le vice-ministre de la Santé Publique. Réagissant au vote de cette loi dont il a été l’instigateur et qui a obtenu l’aval de Tsahal, le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a écrit : « La Knesset a fait montre d’une responsabilité collective ».

Les salaires des terroristes déduits des arriérés de TVA
Mais ce n’est pas tout à la Knesset. Le même soir, la Knesset a voté une autre loi importante, cette fois en seconde et troisième lecture. Il s’agit de la loi sur la déduction des salaires versés par l’Autorité Palestinienne aux terroristes ou à leurs familles, des arrières de TVA que l’État d’Israël verse chaque mois aux Palestiniens. Cette loi, qui a été initiée par le député Yech Atid Elazar Stern et par le député Likoud Avi Dikter, a été saluée et plébiscitée par les membres de la Coalition. Au moment du vote on a remarqué au balcon de l’hémicycle, la présence de Stuart Force, le père de Taylor Force, le jeune américain qui a été assassiné il y a deux ans à coups de couteau par un Palestinien dans Yaffo. Stuart Force a mené depuis aux Etats Unis une campagne de sensibilisation afin que les salaires des terroristes soient également déduits des fonds versés par les Etats-Unis aux Palestiniens : « Il est inadmissible que l’Autorité Palestinienne continue à verser des salaires à des gens afin qu’ils continuent à tuer. Les pays doivent prendre soin de savoir où va leur argent car si ils ne le font pas ils soutiennent de facto la poursuite d’actes terroristes. »
Daniel Haïk