11 Av 5778‎ | 23 juillet 2018

Députés et sénateurs : au contact d’Israël, ils comprennent la complexité de la situation

Près d'une quarantaine de députés et de sénateurs français ont effectué en début de semaine une courte mais intense visite en Israël à l'invitation de l'association Elnet et de son directeur général en Europe Arié Bensemhoun. Un séjour qui prouve l'importance de la politique du visu qui consiste à conduire des élus sur le terrain pour qu'ils soient mieux conscients de la réalité. Reportage.

Cette visite a été conduite par le député (UDI) des Français de l’Etranger, Meyer Habib qui a réussi à mobiliser son ami Binyamin Nétanyaou afin qu’il s’entretienne avec ses collègues parlementaires et sénateurs. Et effectivement dimanche après-midi, le Premier ministre israélien a livré, pendant une heure et demi, aux élus français un exposé passionnant sur la situation géopolitique régionale. S’exprimant avec toujours autant d’aisance, Mr Nétanyaou a expliqué aux députés les dangers d’une omniprésence iranienne en Syrie, en particulier après l’effondrement des rebelles anti-Assad, et il leur a détaillé pourquoi la menace nucléaire iranienne était existentielle pour l’Etat hébreu. Le lendemain, les députés et sénateurs français ont passé la matinée à la Knesset où ils ont été reçus par le Président de la Chambre Youli Edelstein qui leur a rappelé sa récente visite à Paris, visite intervenue au lendemain des émeutes du 14 mai à Gaza et qui lui avait permis d’expliquer aux élus la complexité de la situation mais également de se féliciter de la coopération bilatérale entre la France et Israël.
Les élus ont également rencontré le président du parti centriste Yech Atid, Yaïr Lapid quelques heures avant le vote de la loi sur le non-enrôlement des élèves des yéchivot. Et ils lui ont demandé de leur expliquer la teneur de cette loi. Avec le député (et colonel de réserve) Omer Bar Lev, ils ont surtout écouté attentivement les explications détaillées sur la situation sécuritaire et ont découvert, au moins pour certains, que par exemple, chaque tir d’un tireur d’élite de Tsahal en direction de « civils » palestiniens est auparavant validé par des juristes de l’armée israélienne ! Mais le dialogue s’est plus facilement instauré avec le député Elie Elalouf, président de la Commission des Affaires Sociales, de la Santé et du Travail qui est le seul député francophone du Parlement et qui tout en s’exprimant très courtoisement n’en n’a pas moins martelé certaines vérités qui étaient bonnes à savoir. Interrogés par Haguesher, les députés ont admis que ce type de visite leur permettait de mieux comprendre la région et de mieux s’imprégner de la complexité de la situation sécuritaire tant au nord du pays avec la menace Syrienne qu’au sud avec les provocations du Hamas. Parmi les nombreux élus ayant participé à ce voyage on a remarqué la présence de la députée Aurore Bergé qui est la porte-parole du groupe parlementaire LREM ; du député maire de Sarcelles Francois Puponi, et du sénateur Roger Karouchi qui n’a pas manqué de se positionner fermement, comme il le fait d’habitude, aux côtés de l’Etat d’Israël. A l’issue de ces entretiens Meyer Habib ne cachait pas sa satisfaction : « Au travers de son exposé devant mes collègues, Binyamin Nétanyaou est apparu dans toute sa dimension d’homme d’Etat et j’ai eu le sentiment qu’il les avait séduits par son aisance et par la teneur toujours très forte et cohérente de son discours… Ce type de voyage est particulièrement important pour modifier la tendance trop souvent anti-israélienne au sein du Parlement français. Je me bats souvent seul pour défendre Israël, mais après de tels voyages, les élus sont de plus en plus nombreux à réfléchir avant de se lancer dans une condamnation automatique d’Israël. Durant cette visite, ils prennent réellement la dimension de la complexité de la situation et généralement, lorsqu’ils rentrent à Paris, ils sont nettement plus nuancés dans leur propos envers Israël. »
Daniel Haïk