11 Tishri 5779‎ | 20 septembre 2018

Les implications de la nouvelle stratégie américaine pour ses alliés au Moyen-Orient

Les alliés des USA dans la région ont bien accueilli le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien et le rétablissement des sanctions contre Téhéran. Mais à présent, quelle serait la plate-forme commune de cette alliance des pays sunnites modérés avec Israël ?

U.S. Secretary of State Mike Pompeo addresses a joint news conference alongside South Korean Foreign Minister Kang Kyung-wha and Japan's Foreign Minister Taro Kono at the Foreign Ministry in Seoul, South Korea June 14, 2018. REUTERS/Kim Hong-ji/Pool - RC13222421E0

Tout le monde se rend bien compte que si Trump réussit dans les prochains mois à transformer son essai de dénucléarisation avec la Corée du Nord, cela aura un impact direct sur le bras-de-fer Washington-Téhéran après le retrait américain de l’accord de Vienne (le JCPOA)… D’autant que ses terribles lacunes en matière d’inspections des sites, de fabrication de missiles balistiques, de développement des centrifugeuses et de soutien du régime des ayatollahs au terrorisme régional et mondial ont été tout récemment confirmées par Yukika Amano, le directeur-général de l’Agence internationale à l’Energie atomique (AIEA) onusienne aussi chargé de contrôler l’application du JCPOA, quand il a brusquement déclaré à l’encontre de ses assertions précédentes : « L’AIE est dans l’impossibilité – vu l’inaccessibilité des sites iraniens à ses inspecteurs – d’affirmer au monde que ce pays ne continue pas à mentir et à travailler à la mise au point d’armes et de têtes nucléaires »…
En l’absence dramatique de partenaires européens qui seraient décidés à enfin jouer franc-jeu face à Téhéran au lieu de toujours tergiverser avec la vérité en voulant encore commercer avec l’Iran, l’administration Trump serait en train de plancher sur un « plan d’action » qui lui permettrait de commencer à neutraliser la menace nucléaire iranienne dans le cas fort probable où les ayatollahs repousseraient une fois pour toutes les 12 conditions présentées le mois dernier par le secrétaire d’Etat Pompéo en vue de la renégociation d’un nouvel accord nucléaire.
Parmi les mesures énergiques envisagées par l’entourage de Trump et qui seraient très bien accueillies en Israël et dans les pays arabes sunnites « modérés » de la région :
– l’imposition d’inspections internationales-surprises sur tous les sites nucléaires iraniens suspects, civils comme militaires ;
– l’arrêt total du programme atomique iranien et des ambitions nucléaires de ce pays – en ne se bornant pas à seulement les « limiter » comme l’avait fait le JCPOA ;
– la fin effective du programme iranien de fabrication de missiles à court, moyenne et longue portées ;
– des limitations drastiques et vérifiables imposées aux centres iraniens de recherches et de développement de centrifugeuses « avancées » ;
-la réinstauration de l’embargo de l’ONU sur tous les missiles et les armes à destination de l’Iran ;
-la reprise de toutes les sanctions contre le Corps des Gardes de la Révolution islamique qui avaient été levées par le JCPOA ;
– le retrait de toutes les forces iraniennes et chiites (officiers, miliciens, armements) déployées dans les divers pays de la région, à commencer par la Syrie ;
– la défiance maximale face à toutes les déclarations des dirigeants iraniens habitués à mentir, le sourire aux lèvres, à longueur de journée…
Richard Darmon