8 Tevet 5779‎ | 16 décembre 2018

La communauté de Montrouge se porte bien, merci !

Une kehila jeune, dynamique et en expansion constante. Que demander de plus ? Des dons pour des projets d’agrandissement. C’était l’objectif du président Alain Amsellem lors du gala du 7 juin. Il n’est pas inquiet pour l’avenir du judaïsme local.

gala montrouge 07 juin2017

Une fois n’est pas coutume : la communauté consistoriale de Montrouge (Hauts-de-Seine) n’organise un dîner de gala qu’à de rares occasions et non chaque année comme c’est l’usage, lorsque tels ou tels projets nécessitent un appel à la générosité des fidèles. C’était le cas en 2014 pour l’agrandissement de la crèche et la rénovation du mikvé féminin. Ce 7 juin dans la soirée, il s’agissait de créer des « berceaux » supplémentaires, autrement dit de nouvelles places de crèche pour les couples qui s’installent en nombre dans cette commune bien sécurisée, limitrophe de Paris et où l’offre immobilière demeure relativement accessible. Le président Alain Amsellemespère qu’il y en aura soixante au total (le maximum autorisé) à l’automne 2019. Par ailleurs, il souhaite que l’ezratnachim, espace réservé aux femmes dans la synagogue, puisse accueillir cent trente-cinq personnes environ contre quatre-vingt-seize aujourd’hui. Les promesses de dons du 7 devraient permettre de réaliser ces travaux indispensables pour unekehila dynamique et… jeune !

La jeunesse, c’est en quelque sorte une tradition ancienne ici. Le rav Jacob Mergui, fondateur de la communauté il y a près de quatre décennies puis de la choule en 1988 (on priait auparavant dans une baraque en tôle ondulée), enfin – en 1993 – de la fameuse école primaire YaguelYaacov où planchent à présent plus de deux cents élèves, a toujours mis en avant les enfants et adolescents, notamment à l’office qu’ils étaient fréquemment invités à animer. Le rav OtnielMelka, en fonction aujourd’hui, suit le mouvement. Joël Mergui, ex-responsable de la kehila, fils du rav Mergui et président en exercice du Consistoire, a évoqué cet héritage avec une grande émotion dans la voix pendant la soirée qui a rassemblé quelque deux cent soixante-dix participants.

Pour l’anecdote, qui n’en est pas une puisqu’il n’y a « pas de hasard » selon Alain Amsellem, on rappellera qu’au moment d’ériger le bâtiment cultuel rue Gabriel Péri, le rav Mergui et ses amis ont découvert à cet endroit les restes d’un vieux cimetière juif. Après consultation d’experts en matière de ‘hevrakadicha, on a pu transporter précautionneusement les ossements en Israël, sans enfreindre la Halakha, avant d’entreprendre quoi que ce soit.

Parmi les hôtes de marque du gala : le rav MoChé Pinto, fils du rav David Pinto, lequel n’a pu se déplacer mais s’est exprimé au moyen d’une vidéo géante, l’ambassadrice d’Israël Aliza Bin-Noun, très impressionnée par la dextérité musicale des élèves de CM2 qui ont interprété des chants hébraïques, ou encore Ariel Goldmann, numéro un du Fonds social juif unifié (FSJU). L’instant le plus fort de la manifestation fut sans doute l’hommage rendu à Johann Zerbibzal, fils du président de YaguelYaacov Gérard Zerbib. Johann, l’un des tout premiers inscrits à l’école de Montrouge, est décédé dans la fleur de l’âge peu après son alyah en tant qu’appelé lors d’une opération de Tsahal au Liban. C’était le 12 août 2006. Un deuil et une blessure non cicatrisée mêlant douleur et fierté dans le cœur des Juifs de la ville et qui démontre, comme cela a été dit pendant le gala, que le judaïsme local est autant attaché à la République qu’à l’Etat d’Israël.

Globalement, la communauté est en expansion avec quatre-vingts fidèles régulièrement présents à l’office principal du Chabbat matin et une quarantaine à la tefila organisée dans le bethhamidrachfondé en 2015 et situé en sous-sol, où les étudiants sont majoritaires.

Quant au talmud Torah, il est… inexistant car devenu inutile depuis une quinzaine d’années dans cette kehila où dominent les religieux et traditionalistes : les petits comme les grands fréquentent surtout les établissements confessionnels. Le Consistoire n’a d’ailleurs pas le monopole du culte à Montrouge, doté aussi d’un Beth Habad. Trois cents familles sont répertoriées sur les registres d’Alain Amsellem mais elles sont probablement une fois et demià deux fois plus nombreuses et la tendance haussière citée précédemment devrait s’accentuer à mesure des migrations internes de nos coreligionnaires franciliens.

 

Axel Gantz