12 Sivan 5778‎ | 26 mai 2018

Une délégation de rabbins européens invitée en Tunisie

C’est une première : une délégation de la Conférence des rabbins européens, forte d’une quinzaine de membres, s’est déplacée en Tunisie du 3 au 7 mai à l’invitation du gouvernement. Le voyage a eu lieu à l’occasion de la fin du pèlerinage de laGhriba, où les participants se sont rendus dès leur arrivée.
Le président de la Conférence, le rav Pinhas Goldschmidt de Moscou, et d’autresrabbanim ashkénazes connaissant mal ou pas du tout l’île de Djerba ont été fortement impressionnés et émus par la préservation de minhaguim très anciens etl’observation stricte de la Halakha dont peuvent s’enorgueillir les centaines d’habitants juifs de cette terre insulaire qui fut, dit-on, l’une des toutes premières disposant d’une synagogue en gola.En ce sens, ce séjour inédit fut une réussite et « devrait inciter davantage nos coreligionnaires du nord ou de l’est du Vieux Continent à visiter la Tunisie », commente à notre intention le rav Moshé Lewin de Paris, vice-président de la Conférence et présent sur place avec deux de ses compatriotes : le rav Réouven Ohana, grand rabbin de Marseille, et Zvi Ammar,numéro un du Consistoire régional Alpes-Provence.
Le groupe était accompagné à Djerba par le rav Haïm Bittan, grand rabbin du pays et résidant dans l’île, puis à Tunis par son adjoint, Moshé Uzan, qui n’est pas rav mais se charge de la vie communautaire dans la capitale.
Les délégués ont rencontré le mufti de la République,OthmaneBattikh, les ministres des Affaires religieuses et du Tourisme, Ahmed Adhoum et Selma Elloumi-Rekik. Le mufti, plus haute autorité musulmane ici, en a profité pour accorder une interview à la station de radio israélienne AroutzSheva qui a provoqué un début de polémique : ses déclarations chaleureuses et tolérantes ont été mal perçues et naturellement fustigées par les nombreux antisionistes fanatiques que compte la Tunisie.
Notons enfin que les Européens se sont rendus sur les tombes de tsaddikim,notamment celle du fameux Rabbi (non mort) ‘Haï Taieb« lo met »zatsal, dans le cimetière tunisois du Borgel.

Axel Gantz

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