14 Heshvan 5779‎ | 23 octobre 2018

Le Igoud Bné Hayéchivot, son objectif et son fonctionnement
A l’approche de Chavouot, Haguesher vous propose de jeter un regard sur le monde des Yéchivot qui constitue la force vive de notre peuple. Intéressons-nous plus particulièrement au Igoud Bné Hayéchivot qui unit les jeunes ba’hourim dispersés dans différentes institutions talmudiques pour les épauler et mettre en exergue leur valeur. Quel est l’objectif du « Igoud » ? En quoi contribue-t-il à la réussite et à l’épanouissement des ba’hourim ?
Un petit mot du fondateur du IgoudBnéHayéchivot, Rav Chalom KodelskiChlita
Cette association a vu le jour il y a 11 ans, au sein de la communauté ChaaréTevouna de Ramot Aleph. Ayant réalisé que les ba’hourim regagnaient le foyer familial pendant près de 3 mois par an, on a conclu qu’il était primordial de leur offrir un accueil chaleureux au sein de la Kéhila. Progressivement, des activités et des programmes ont été mis en place : cyclesd’étude, rédactions d’exposés, siyoumim organisés en grandes pompes, sorties… Accorder de l’attention aux ba’hourim et reconnaître leur valeur sont d’une importance capitale. De plus, instaurer une bonne relation avec un adulte « neutre » qui ne soit ni un proche parent ni un membre de la direction de la Yéchiva s’est avéré fort utile et efficace. Ces « tuteurs » ont pu aider les ba’hourim à traverser des moments difficiles, à changer de Yéchiva s’il le fallait, à retrouver goût à l’étude… Les témoignages ne manquent pas ! Depuis 3 ans, le Igoud a pris un essor remarquable et s’est développé à l’échelle nationale. Il est présidé et dirigé par le Rav David Cohen, Roch Yéchiva de ‘Hévron qui insiste sur l’importance de 3 composants qui contribuent à l’épanouissement des jeunes : la famille, la structure scolaire et la communauté. Cette dernière, toute aussi fondamentale que les deux autres, se manifeste par le biais de l’action du Igoud qui met en avant la place et la valeur des jeunes qui s’adonnent à l’étude. Il ya quelques mois, lors d’un voyage en France, nous y avons rencontré des Rabbanim dont le RavIts’hak Kats Chlita et le Rav Yéhouda Tolédano Chlita qui ont vivement encouragé l’ouverture d’une branche francophone… ce qui a été réalisé sous de brefs délais.
Message de Rav Méïr Boussiba, responsable de la branche francophone
Le concept du « Igoud »,inspiré et soutenu par les Grands Maîtres de la génération, est né d’un constat très simple : chaque ba’hour, et en particulier le ba’hour français, qui grandit au sein d’une Yéchiva, doit fournir des efforts importants pour s’adapter, s’épanouir et progresser. Mais, dès lors qu’il prend conscience d’une part, qu’il n’est pas seul dans sa démarche puisque bien d’autres vivent une expérience similaire et, d’autre part, qu’il peut être épaulé et encouragé par un corps extérieur à la structure scolaire à laquelle il appartient, ses chances de réussir et de s’épanouir sont décuplées et les risques de découragement ou de remise en question de sa démarche se trouvent minimisés. Le Igoudpropose aux jeunes des Yéchivotdivers programmes ou activités pour que leur vie à la Yéchiva soit une réussite à tous les niveaux, y compris sur le plan social et émotionnel. A travers soirées et sorties organisées ou périodes de Ben Hazemanim encadrées, un message essentiel est véhiculé : nous faisonsressentir aux ba’hourim qu’ils représentent une force inouïe. Ils ont une place d’honneur dans cette chaîne éternelle de la transmission de la Torah. Leur investissement dans l’étude est digne d’éloges, tous leurs efforts sont valorisés et peuvent être réalisés dans la joie. Les membres du Igoud se tiennent à leurs côtés pour les encourager, les soutenir et les aider à consolider leur démarche afin qu’ils soient épanouis et heureux d’être ce qu’ils sont : ils représentent l’avenir de notre peuple, les futures lumières d’Israël !
Lorsqu’on est seul, on se sent unique et spécial, certes…mais, en devenant membre d’un groupe tel que le Igoud, on multiplie de façon exponentielle les possibilités d’exploiter son potentiel !
L’action du Igoud au sein de la branche francophone présentée par RavRéphaéliChamma, l’un de ses membres actifs
Depuis quelques mois, la branche francophone prend forme et entreprend des actions auprès des ba’hourim. Cette branche se répartit en deux groupes : les ba’hourim francophones dont les parents vivent en Israël et ceux qui viennent de France. Pour ma part, je m’occupe de ce dernier groupe. Précisons d’emblée que pour ceux qui sont loin du foyer familial,le besoin d’être comblés de chaleur et encadrés est davantage accentué. Concrètement, pour chaque Yéchiva (située à Jérusalem) où étudient des jeunes français, un Avrekh a été désigné responsable pour se tenir à l’écoute et à la disposition des ba’hourim. Il est là pour l’aider ou lui fournir des conseils à tous les niveaux (aussi bien au sein de laYéchiva que pour des questions techniques comme une démarche auprès du Ministère de l’Intérieur…). Ainsi, chaque jeune sait qu’il a une adresse vers laquelle il peut se tourner. En outre, nous nous manifestons à travers des petites attentions (Michloa’hManot, petit paquet de bienvenue à leur arrivée de France…) pour montrer aux ba’hourim qu’on pense à eux, qu’ils sont importants à nos yeux et qu’ils méritent d’être félicités afin de leur donner une bonne dose de force et de courage. Aussi, des petites réunions sont organisées périodiquement autour d’un Mélavé Malka.L’association du IgoudBnéHayéchivot existe depuis de longues années au sein du monde israélien et nous nous engageons dans cette belle lignée, mais la version française présente, bien entendu, des variantes et s’adapte à la mentalité, aux besoins et aux attentes de nos jeunes. BaroukhHachem, nous avons eu des retours très positifs de la part des ba’hourim qui ont accueilli avec enthousiasme ce nouveau projet conçu tout particulièrement à leur attention. Dès la première rencontre, le lien s’est facilement créé et la confiance s’est installée entre nous.
Précisons que notre action et nos projets sont supervisés par le Rav David Cohen Chlita, qui prend à cœur ce projet et veille, jusqu’aux moindres détails, à ce que tout soit bien organisé. Aussi, il guide les Avrékhim qui encadrent les jeunes. De même, le Rav Moché Hillel Hirsh, Roch Yéchiva de Slabodka, s’est montré fort enthousiaste lorsque nous l’avons consulté pour étendre nos activités vers les Yéchivot de Bné-Brak.
Tous nos remerciements à la mairie de Jérusalem qui aide à financer le projet et particulièrement à l’adjoint au maire de Jérusalem Its’hakPindrus et au conseiller municipal Eliezer Rauchberger. Merci également aux donateurs qui nous soutiennent comme David Cohen, propriétaire de la chaîne de magasins 101.
Rendez-vous à tous les ba’hourim francophones le jeudi soir 24 mai, à Min’hatChlomo (BayitVegan) pour passer une soirée inoubliable autour d’un programme enrichissant et d’un repas copieux dans une ambiance exceptionnelle.

Lettre de remerciement
Jérusalem, le 15 Iyar
Chers bénévoles de l’association IgoudBnéHayéchivot
Je tiens, par cette lettre, à vous remercier personnellement pour ce cadeau offert en début de Zman. On vient de rentrer de Ben Hazemanim, la chaleur de la maison nous manque et au fond… on se sent un peu seul. Votre délicate attention est franchement encourageante. Je sais que ce n’est pas évident… mais, s’il-vous-plaît, n’arrêtez pas ce que vous faîtes. C’est vraiment bien ! Je ne suis pas D.ieu mais j’imagine que vous méritez qu’Il vous le rende au centuple…
Avec toute ma reconnaissance
Un ba’hour français