12 Kislev 5781‎ | 28 novembre 2020

Apprendre à lire avant l’heure : pour ou contre ? (2e partie)

Si l’acquisition de la lecture ne fait pas partie du programme de maternelle des écoles de filles en Israël, une place prépondérante est accordée aux activités qui contribuent à faciliter l’apprentissage de la lecture. Ainsi, on apprend aux enfants à repérer, à travers les sons, les lettres qui composent un mot, à découper un mot en plusieurs syllabes, à photographier certains mots. En apprenant l’alphabet au fur et à mesure de l’année, les enfants prennent conscience des variétés de sons de chaque lettre sans même aborder les noms des voyelles (par exemple, pour la lettre ALEF, ils doivent trouver une série de mots qui commencent par « a », « é » « o » « i » et « ou »). Ainsi à travers jeux et activités, les enfants découvrent le monde des sons, des lettres et des mots. Et, en fin d’année, ils sont capables d’écrire des mots complets, par le simple exercice de la concordance des sons et des lettres. Le travail se focalise principalement sur le repérage phonétique. Donc, sans réellement avoir appris à lire, les fillettes sont capables en fin de Gan, de décoder des mots, de les écrire (en caractères d’imprimerie) ce qui facilite considérablement la prochaine étape qui consiste à combiner lettres et voyelles. Vous visez la lecture ? Misez sur les jeux didactiques Pour Mme Weber, ganénet expérimentée, si une maman veut s’assurer que sa fille n’ait pas de difficultés dans l’apprentissage de la lecture, il lui est vivement conseillé de la préparer à travers des jeux de sons et de mots (trouver des paires de mots qui commencent par le même son –« tslil potéa’h » ou, qui finissent par le même son « tslil soguer » ), de rimes, compter les syllabes d’un mot ou taper des mains pour chacune d’elles, jeux de cartes avec les lettres à associer aux dessins qui commencent par la lettre correspondante. Pour Myriam, ganénet de longue date également, il n’a y a pas de réponse universelle à la question consistant à savoir s’il est préférable ou non d’apprendre aux enfants à lire avant leur entrée en Kita Alef. Cela dépend de plusieurs critères : le caractère de l’enfant, ses aptitudes, sa motivation, sa maturité… En réalité, souvent, les bons éléments, apprennent à lire quasiment d’eux-mêmes, après avoir assimilé la technique, à travers les activités préparatoires à l’acquisition de la lecture. Pour la majorité des filles du Gan ‘Hova, celles qui ont un niveau correspondant à la « moyenne », elles maîtrisent les lettres et sont capables de les associer pour former des mots. Celles qui présentent des difficultés, bénéficieront en général d’un cours de soutien pour les aider à passer le cap… mais, quoiqu’il en soit, il n’y a pas de raison de « courir », elles auront le temps d’apprendre à lire à l’école ! Le conseil d’une experte Mme Goldberg (Mora Métakénét, enseignante spécialisée pour les enfants ayant des difficultés scolaires), quant à elle, propose une solution intermédiaire pour les enfants n’étant pas particulièrement doués. Compte tenu de la rapidité du rythme d’apprentissage de la lecture en début de Kita Alef (en fin de premier trimestre, les enfants sont déjà censés savoir lire), elle conseille aux parents de préparer le terrain en enseignant deux voyelles avant l’entrée à l’école. L’enfant qui risquerait de ne pas suivre aisément le rythme de la classe, n’aura pas tout à découvrir et se sera déjà familiarisé avec la technique d’association de la lettre et de la voyelle. De plus, si les parents sont conscients que leur fille présente certaines difficultés (par exemple, si les lettres de l’alphabet ne sont pas bien assimilées…) elle leur recommanderait de l’aider en fin d’année de Gan et pendant les vacances d’été pour que ses premières expériences scolaires soient accompagnées
de réussite. Attention, une règle d’or à respecter : cet apprentissage doit se faire en douceur et par petites séquences à des moments où l’enfant est disposé à se concentrer. Cela ne doit en aucun cas se faire sous pression ou sur le compte de ses heures de détente et de jeux. Par ailleurs, pour les enfants motivés qui ont soif d’apprendre, il n’y a pas de raison de les freiner par crainte qu’ils risquent de s’ennuyer, ils auront toujours à se parfaire, à s’appliquer pour que leur lecture soit encore plus nette, fluide et rapide. Pour conclure… il n’y a pas de réponse exclusive qui s’appliquerait à tous les enfants. Mais, vous ne pourrez qu’être gagnant en favorisant les jeux qui développeront chez l’enfant les stratégies qui l’aideront à acquérir la lecture… et surtout, qui le stimuleront à apprendre à lire avec plaisir. Béhatsla’ha!!
Yokheved Levy