11 Heshvan 5779‎ | 20 octobre 2018

Pour vouloir fuir la puissance égyptienne, il fallait être fou… ou juif !

Durant l’esclavage égyptien, les mesures prises par Pharaon visaient à freiner le développement du peuple. Mais, celui-ci au contraire se développe religieusement.

La Sortie d’Égypte tant attendue va par exemple se dérouler en plein jour avec tous les honneurs pour bien montrer que les juifs n’ont jamais eu besoin de se cacher.

Il ne s’agit pas seulement de la démonstration unique de la puissance d’Hachem qui restera éternellement gravée dans nos mémoires, mais surtout d’un acte référentiel.

D’une part on s’aperçoit que l’Égypte paye pour sa méchanceté à l’égard d’Israël, mais aussi que ce symbole de l’orgueil, de la puissance, de la civilisation dont personne ne voudrait s’éloigner, disparaît.

Pour vouloir fuir l’Égypte, il fallait être fou ! Ou juif !

Ce fut un choix. Quitter cette civilisation dans laquelle l’homme qui consommait les plaisirs, se consumait lui-même. Les plaisirs, disent nos sages, sont comme la flamme d’une bougie. Nous devons garder en mémoire qu’aujourd’hui encore, alors que les loisirs, les plaisirs et les sollicitations sont considérables et tellement accessibles la personne peut rapidement se disperser.

Lorsque Moché rencontre Pharaon, il se servira de son bâton pour faire un miracle comme Hachem le lui avait indiqué. Immédiatement, les sorciers égyptiens vont reproduire le même phénomène. La Torah précise cependant que leur bâton est appelé pour la circonstance « Lahat ». On retrouve ce terme lors du renvoi de Adam du jardin d’Eden. Hachem a alors installé un piège sous la forme d’une épée à double tranchant également désignée par le mot « Lahat ». Ce qui empêche l’homme de retrouver le chemin du Gan Eden, est à nouveau présent en Egypte : « Lahat ». Cela désigne une lumière aussi vive et puissante qu’éphémère. Ainsi en est-il, selon l’enseignement de nos sages, du plaisir. Son intensité dépend de sa durée. Très fort, très vite, ciblé, passager ! Il saisit l’individu dans un temps très court l’empêchant quelques fois d’être véritablement lui-même. Les pharaons n’ont pas hésité à utiliser « les sorciers pour ensorceler Israël », les poussant à se dénaturer. Ce danger étant bien connu de tout un chacun !

Géographiquement aussi l’exil égyptien a cherché à disperser les juifs. Pourtant, comme le souligne le chem michmouel, la vocation d’Israël est de rester ensemble comme au pied du Sinaï, sur la terre d’Israël dans une concentration parfaite autour du message qui nous a été donné.

Ainsi fonctionne la constitution de l’homme comme par exemple dans son étude pendant laquelle la concentration est indispensable.

Restons unis, restons concentrés restons nous-mêmes !

Soyons libres !

Yaacov Sitruk