17 Tishri 5779‎ | 26 septembre 2018

Plus de deux cents personnes réunies pour la fin du deuil

Onze mois après le meurtre de Sarah Attal-Halimi zal

Plus de deux cents personnes réunies pour la fin du deuil

La cérémonie s’est tenue non loin de son domicile, dans la synagogue de la rue Lepeu, dans le 11e arrondissement. Le rav Elie Lellouche, qui connaissait bien la disparue, et le rav Michel Gugenheim, grand rabbin de Paris, ont pris la parole.

C’est la synagogue de tradition orthodoxe Torat Haïm Veshalom qui a été choisie par les organisateurs pour marquer la fin de la période de deuil de onze mois suivant le décès de Sarah Attal-Halimi zal. Située rue Emile Lepeu, dans le 11e arrondissement de Paris, c’est l’une des plus proches du domicile de la défunte. Le rav Elie Lellouche, qui anime cette communauté, la connaissait bien. Deux cent vingt personnes se sont pressées à la cérémonie de ce dimanche 4 mars. Une initiative du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) et d’autres associations comme l’Union des patrons et professionnels juifs de France (UPJF) ou Siona. Maître Alexandre Buchinger, avocat des enfants de Sarah Attal-Halimi zal et administrateur du Consistoire, était présent. La manifestation s’est déroulée dans l’après-midi, avec au programme l’office de Min’ha, une séouda où chacun a pu prononcer des brakhot en souvenir de la victime du terrible assassinat d’avril 2017 et deux allocutions. Dans une atmosphère impressionnante
de gravité et de recueillement, le rav Lellouche a souligné que la pédagogue avait perdu la vie « al kidouch Hachem » et a rapporté qu’il l’avait rencontrée pour la première fois il y a près de deux décennies. « Elle s’est occupée de notre enfant pendant trois ans, a-t-il dit. Mon épouse et moi avons découvert une femme exceptionnelle. Pour elle, diriger une crèche était plus qu’une profession, pas même une vocation mais un vrai sacerdoce. Elle n’était pas autoritaire car elle considérait les petits qu’on lui confiait comme des âmes fragiles, pures, dont il fallait prendre soin en concertation constante avec les parents ». Le rav Lellouche a raconté encore qu’elle avait refusé ses remerciements, estimant qu’elle ne les méritait pas. « J’ai fait ce que j’avais à faire, avait-elle répondu, pour la kehila du rav Rottenberg chlita ». Le grand rabbin de Paris, Michel Gugenheim, a pris la parole à son tour. « Il n’a échappé à quiconque, a-t-il remarqué, que c’est au mois d’Adar, juste avant Pourim, que la juge d’instruction a subitement changé d’avis et reconnu le caractère antisémite de l’épouvantable agression endurée par Sarah Attal-Halimi zal. Cela nous rappelle un enseignement de la guemara : si un Juif est en procès avec un non-Juif, qu’il fasse en sorte que ce procès n’ait pas lieu au mois d’Av, mais plutôt au mois d’Adar ». Et d’ajouter : « Cette reconnaissance signifie que le meurtre n’a pas seulement une dimension individuelle mais aussi une dimension collective, nationale voire internationale. L’assassin s’en est pris à elle pour ce qu’elle représentait – pour s on attachement au judaïsme, qu’elle revendiquait avec fierté, et aux valeurs de la Torah ».

AXEL GANTZ