7 Elul 5778‎ | 18 août 2018

Inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, le 14 mai

U.S. President Donald Trump gives a statement on Jerusalem, during which he recognized Jerusalem as the capital of Israel, as he appears with Vice President Mike Pence in the Diplomatic Reception Room of the White House in Washington, U.S., December 6, 2017. REUTERS/Jonathan Ernst TPX IMAGES OF THE DAY - RC19CD983A00

Le joli cadeau de Trump pour les 70 ans d’Israël est peut-être empoisonné !

Vendredi dernier, le département d’Etat américain a annoncé que l’inauguration de l’ambassade des Etats Unis à Jérusalem, ou au moins d’une partie de son administration se tiendra le 14 mai prochain, date civile du 70e anniversaire de la création de l’État d’Israël. Et même s’il faudra encore plusieurs années avant que l’ambassade américaine ne soit pleinement installée dans la capitale, a Jérusalem on s’est félicité de cette décision qui au-delà de son aspect symbolique confirme que le président américain ne se contente pas de faire des promesses mais qu’il les concrétise, et même avec une certaine rapidité, sans vraiment se soucier de ce qu’en pense la communauté internationale, le monde arabe et les Palestiniens… Pour Boaz Bismuth, le rédacteur en chef du Israël Ayom, cette décision donne droit au président américain de venir allumer l’un des 12 flambeaux des personnalités qui ont bien mérité de l’Etat d’Israël, le soir du Yom Haatsmaout, lors de l’ouverture des festivités de l’Indépendance à Jérusalem ? Et d’ailleurs selon certaines sources, le président Trump pourrait se rendre en Israël pour inaugurer lui-même, le 14 mai son ambassade à Jérusalem. Apparemment l’annonce faite vendredi aurait été « encouragée » par le magnat juif des casinos et propriétaire du Israël Ayom Sheldon Edelson qui envisagerait même de financer, si cela est légal, la construction du futur bâtiment de l’ambassade dans le quartier d’Arnona-Talpiot à Jérusalem (voir encadré). Mais, -car il y a un mais-, l’enthousiasme provoqué par ce geste américain pourrait relativement vite retomber : en effet, les analystes avisés n’ont pas manqué de faire remarquer que cette annonce du Département d’Etat a presque coïncidé avec une déclaration faite, également vendredi, par l’ambassadrice des Etats unis à l’ONU, Nikky Halley. L’ambassadrice qui est connue pour son soutien inconditionnel à Israël a révélé que le plan de paix américain pour un règlement du conflit israélo-palestinien était quasiment prêt et que les deux très proches conseillers de Donald Trump pour le Proche -Orient Jared Kusher et Jason Greenblatt y apportaient une dernière touche. Or toujours selon Halley, ce plan ne devrait plaire ni aux Israéliens ni aux Palestiniens mais aucune des deux parties ne devrait le détester. Entre les lignes on peut lire que parallèlement à son geste en faveur de l’ambassade à Jérusalem, le président américain pourrait préparer une mauvaise surprise à Binyamin Nétanyaou et à sa coalition gouvernementale. Concrètement, il n’est pas exagéré d’envisager un cas de figure selon lequel, le président américain viendra en Israël pour inaugurer l’ambassade à Jérusalem, le 14 mai, et en profite pour remettre en main propres aux dirigeants israéliens et palestiniens son plan de paix qui serait à prendre ou à laisser. Tout comme il n’est pas exagéré d’envisager que le Président américain dans un discours à la nation israélienne avance son amitié envers Israël et mette en exergue son geste de reconnaissance de Jérusalem, pour mieux pouvoir ensuite pousser le gouvernement Nétanyaou à accepter un plan de paix qui inclut des concessions territoriales et qui par conséquent mettra en péril la coalition de droite israélienne. En supposant que d’ici là, le conseiller juridique du gouvernement n’aura pas encore tranché dans les affaires judiciaires du Premier ministre, on peut imaginer les fortes turbulences que subira alors la coalition de Binyamin Nétanyaou.

Daniel Haïk