15 Adar II 5779‎ | 22 mars 2019

Sur fond de présence renforcée de l’Iran

Members of Lebanon's Hezbollah wave Hezbollah and Lebanese flags during a rally marking the ninth anniversary of the end of Hezbollah's 2006 war with Israel, in Wadi al-Hujeir, southern Lebanon August 14, 2015. REUTERS/Aziz Taher - GF10000174101

Le contentieux Israël-Liban-Hezbollah s’alourdit…

 

« Même si nous souhaitons ardemment une paix régionale, a déclaré le 7 février dernier le Premier ministre Nétanyaou lors d’une visite sur la frontière israélo-syrienne avec de hauts responsables sécuritaires du pays, nous sommes prêts à toute éventualité ». Un message illustrant l’ambiguïté de la position d’Israël face à la milice terroriste du Hezbollah, faite à la fois d’intensives préparations à la guerre et aussi de respect du statu quo. Et ce, dans le sillage de la difficile 2e Guerre du Liban de l’été 2006 qui coûta en fait très cher aux deux parties.

Face aux déclarations de plus en plus vociférantes des responsables libanais et de ceux du Hezbollah sur le conflit gazier avec Israël, plusieurs éléments pourraient jouer, en se combinant, le rôle de catalyseur voire de détonateur d’un prochain conflit ouvert à la frontière-nord s’ajoutant à ce profond contentieux énergétique :

1) La pénétration militaire iranienne tous azimuts en Syrie protégée par la Russie de Poutine qui permet aux forces d’Assad et au Hezbollah libanais d’écraser la rébellion sunnite et de ré-établir dans les 3/4 du pays le pouvoir de Damas, lequel s’en trouve encore plus inféodé à Téhéran ! Une présence militaire s’illustrant par la construction par l’Iran, de bases et de fabriques de missiles en Syrie et au Liban à laquelle Israël s’oppose catégoriquement.

2) Le dangereux flottement et l’évidente indécision du leadership américain, comme le montre l’inaction de Washington en Syrie dans le sillage du seul et unique « coup d’éclat » de Trump qui avait fait bombarder l’an dernier une base aérienne d’Assad par près de 60 missiles Tomawak. Un vide rempli depuis trente mois par l’armée russe déployée en Syrie depuis septembre 2015… si bien que le récent envoi de 2 000 hommes de troupes de l’US. Army pour assister la rébellion sunnite dans cette région semble ne pas vraiment peser dans la balance.

3) La persistance des polémiques et de points de frictions Liban-Hezbollah-Israël sur le tracé exact de la fameuse Ligne Bleue (comme la Ferme de Sheva près du mont Hermon) démarquant la frontière israélo-libanaise après l’armistice de 1949 décrétée par l’ONU, qui s’ajoute aux violations répétées par le Hezbollah de la Résolution onusienne 1701 ayant mis fin au conflit de l’été 2006.

4) La très explosive corrélation entretenue par l’Iran – qui fournit à nouveau depuis dix mois une aide militaire généreuse au Hamas de Gaza – entre la situation volatile régnant à la frontière-nord d’Israël et la précarité du statu quo sans cesse menacé sur sa frontière-sud ; or si un feu était allumé au nord par le Hezbollah, cela pourrait déboucher sur un embrasement généralisé avec au moins deux fronts à gérer simultanément pour Israël… Richard Darmon