15 Adar II 5779‎ | 22 mars 2019

Nétanyaou met en garde Poutine contre la poursuite de l’expansionnisme iranien en Syrie

Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu meets with Russian President Vladimir Putin as they tour the Judaism and Tolerance Museum in Moscow, Russia, on January 29, 2018. Photo by Kobi Gideon/GPO *** Local Caption *** פגישת ראש הממשלה בנימין נתניהו עם נשיא רוסיה ולדימיר פוטין במוזיאון היהדות והסובלנות ב מוסקבה

Comme il le fait régulièrement au cours des deux dernières années, Binyamin Nétanyaou s’est rendu ce lundi (29 janvier) à Moscou pour s’entretenir pendant plusieurs heures avec le président russe Vladimir Poutine. Un nouvel entretien déterminant qui révèle certaines appréhensions israéliennes.

 

Les deux leaders ont choisi de se rencontrer dans le cadre du Musée russe de la Shoah, et ce à l’occasion de la Journée internationale de la Shoah qui, en raison du Chabbat, a été également marqué cette année autour du 27 janvier. D’ailleurs, ce cadre a permis aux deux hommes de réaffirmer leur désir de lutter ensemble contre l’antisémitisme. Et Vladimir Poutine en a profité pour offrir au Premier ministre israélien, comme il le fait à chaque rencontre, un cadeau fort en symboles, puisqu’il s’est agit, cette fois, d’une lettre manuscrite adressée par Oscar Schindler à son épouse.

Mais au-delà ce cet aspect important, cette 7e rencontre entre Poutine et Nétanyaou leur a permis de débattre posément des dossiers régionaux brûlants et bien évidemment parmi eux de l’Iran. Déjà lors de leur précédent entretien à Sotchi, le Premier ministre israélien avait expliqué poliment mais très fermement à Poutine qu’Israël ne tolérera ni un accroissement de la présence iranienne en Syrie, ni un renforcement stratégique du Hezbollah au Liban. Or, c’est précisément ce qui est en train de se produire dans ces deux pays qui partagent leur frontière sud avec l’Etat d’Israël.

Lors de cette visite, Mr Nétanyaou était accompagné de son traducteur de confiance en russe, le ministre de l’Environnement et de Jérusalem Zeev Elkin, mais aussi et surtout, du chef des Renseignements militaires, le général Hertzi Halevy. Et ce n’est pas par hasard : celui-ci a pu exposer au président russe les derniers mouvements des troupes pro-iraniennes en Syrie, ainsi que la construction au Liban et par l’Iran d’usines de missiles ultra-sophistiqués destinés au Hezbollah. C’est ce dernier développement qui semble particulièrement préoccuper Mr Nétanyaou : « Nous ne pourrons tolérer la mise en activité de telles usines et il est important que nos ennemis en soient pleinement conscients », a prévenu le Premier ministre israélien à son interlocuteur, sous-entendant très clairement qu’Israël n’hésitera pas à frapper ces usines.

Les deux hommes ont étudié ensemble les différents scenarii d’escalade de violence dans la région le long des frontières israélo- libanaises et israélo-syriennes. Côté israélien, on estime que l’Iran pourrait être tenté de modifier l’actuel statu quo en acheminant des forces en Syrie. La semaine dernière, lors d’un débat devant le conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadeur israélien Danny Danon avait affirmé qu’Israël disposait d’informations selon lesquelles les Iraniens envisageraient de transformer le sol syrien en une immense base militaire iranienne. Selon lui, il y aurait actuellement plus de 80 000 « combattants » sous le contrôle des Iraniens en Syrie, dont 3000 gardiens de la Révolution et 9000 terroristes du Hezbollah : « Nous attendons du monde qu’il cesse de fermer les yeux face à l’ampleur de ce renforcement iranien en Syrie. Et apparemment cette préoccupation israélienne pourrait être de plus en plus partagée par le président Poutine. En effet, selon certaines rumeurs dans l’entourage du Premier ministre, mais qui n’ont pas été confirmées, Poutine commencerait à changer d’avis concernant la présence iranienne en Syrie et il serait de plus en plus favorable à une limitation de cette présence. »

Daniel Haïk