14 Kislev 5781‎ | 30 novembre 2020

Loi polonaise : La colère unanime des Israéliens

Rarement la décision d’un pays étranger, qui plus est considéré d’ordinaire comme l’un des pays les plus proches d’Israël, aura suscité autant de protestation et de véhémence que celle de la loi votée vendredi par le Parlement polonais visant à condamner ceux qui oseraient faire un lien entre l’Allemagne Nazie et le peuple polonais. Comme si soudain la Pologne voulait réécrire l’Histoire.  

 

 

Leh Valesa est, on le sait, un véritable mythe en Pologne. C’est lui qui, en créant Solidarnosc, a libéré en 1989 le peuple polonais du joug communiste. Pourtant si les autorités polonaises reprenaient le discours que Valesa a prononcé le 20 mai 1991 à la tribune de la Knesset ou encore les propos qu’il a tenus le même jour lors d’une conversation avec le Premier ministre israélien de l’époque Its’hak Shamir, Valesa devrait se retrouver en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, derrière les barreaux. En effet ce jour-là, Leh Valesa avait ému les Israéliens et le peuple juif en endossant publiquement la responsabilité de la Pologne dans la Shoah : « Je vous demande pardon, avait-il dit, pour le sang juif qui a coulé en Pologne durant la Seconde Guerre Mondiale ». Or aujourd’hui un tel aveu est devenu formellement interdit. La loi votée vendredi par la Chambre basse polonaise est sans équivoque. Elle fait état de poursuites judiciaires et d’une condamnation pouvant aller jusqu’à trois ans de prison contre toute personne qui « attribuera à la nation ou à l’Etat polonais la responsabilité ou la co-responsabilité des crimes commis par le IIIe Reich allemand – ou tout autre crime contre l’humanité ou crime de guerre ». La loi stipule également qu’il est désormais interdit de faire usage du terme de « camp d’extermination polonais » pour designer par exemple le camp d’Auschwitz-Birkenau. Et comme si ce projet de loi stupéfiant ne suffisait pas en lui-même les députés polonais ont décidé d’aller plus loin encore dans la maladresse en le faisant voter quelques heures avant que ne débute la Journée internationale de la Shoah décrétée, il y a plusieurs années par l’ONU. Les réactions israéliennes n’ont pas tardé. Dès la fin du Chabbat, le président de l’Etat d’Israël Réouven Rivlin a déploré cette législation : « On ne peut pas faire semblant avec l’histoire, on ne peut pas la réécrire, on ne peut cacher la vérité », a-t-il affirmé. Quant à Binyamin Nétanyaou il a déclaré dimanche à l’ouverture du conseil des ministres : « Nous n’avons aucune tolérance ni pour les fausses vérités, ni pour la réécriture de l’histoire, ni pour le négationnisme de la Shoah ». Et Mr Nétanyaou qui est également chef de la diplomatie israélienne a demandé à son directeur général de convoquer en l’absence de l’ambassadeur de Pologne en Israël, le ministre plénipotentiaire Piotr Koslovski pour une conversation de clarification. Rarement, il faut l’avouer, une décision d’un parlement étranger a suscité autant de mécontentement unanime au sein de la classe politique israélienne. Même le député arabe Ahmed Tibi qui est connu pour ses positions radicales, a qualifié cette loi, lui aussi, de réécriture de l’Histoire : « Je suggère au gouvernement polonais d’annuler au plus vite cette loi ». Quant à Yaïr Lapid, le leader centriste de Yech Atid, il a rappelé qu’il était issu d’une famille de rescapés de la Shoah et sur un tweet adressé à l’ambassade de Pologne en Israël, il a écrit : « Votre peuple a assassiné mon grand-père et ma grand-mère ».

Mais au delà de cette condamnation massive de la classe politique, ce sont les rescapés qui ont exprimé sans tarder leur colère dans les colonnes des quotidiens israéliens. Plusieurs d’entre eux se sont même adressés directement par lettre au président polonais Andrej Dadou.

Ainsi Its’hak Balfer, le dernier survivant de l’orphelinat du célèbre éducateur Janusz Korczak, qui vit aujourd’hui à Tel-Aviv a écrit : « Je n’ai pas de mot pour exprimer la colère que je ressens. Oui la Pologne est entièrement responsable de ce qui s’est passé sur son sol durant la Shoah. Et je puis témoigner de l’injustice des gouvernements polonais envers nous les rescapés depuis la fin de la guerre ». « Vous devriez avoir honte », a écrit pour sa part Yaffa Pee tandis que Shoshana Breier, elle, a fait remarquer « que ce massacre de juifs ne s’est pas produit dans un pays, la Pologne, où l’on aimait les Juifs ».

Face à cette colère sincère et profonde, face aux condamnations sans appel de la classe politique, le Premier ministre Nétanyaou et son homologue polonais Mateusz Morawiecki ont décidé d’entamer un canal de dialogue visant à tenter de désamorcer une crise qui empoisonne des relations israélo-polonaises qui, ces dernières années, étaient particulièrement solides et chaleureuses. Quant au président Douda, il a précisé que la loi allait faire l’objet d’une « vérification pointilleuse » et il a rappelé que son but était d’empêcher les mensonges et les fausses accusations et il a affirmé qu’il ne rejetait aucunement les voix qui s’élèvent pour que la vérité soit faite sur la Shoah. Il convient de préciser que cette loi n’a été votée que par la Chambre basse et que pour entrer en vigueur elle doit également être validée par le Sénat polonais et ratifiée par le président. Côté israélien, on espère qu’une fois la tension de ces derniers jours apaisée, il sera possible de pousser les députés polonais à modifier la teneur de ce projet de loi afin qu’il ne heurte pas les sensibilités à fleur de peau des rescapés israéliens de la Shoah et de leurs descendants. Daniel Haïk

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