8 Kislev 5779‎ | 16 novembre 2018

Branle-bas de combat contre l’audiovisuel israélien

L’Etat juif était l’invité d’honneur du festival international de Biarritz consacré aux programmes de télévision. Un appel au boycott a été lancé. Le film sur Ulcan, hacker d’Ashdod qui prend pour cibles les antisémites français, a provoqué la fureur de certains.

 

Gregory Chelly, alias Ulcan, est un hacker franco-israélien d’Ashdod qui utilise l’outil numérique pour dénoncer ou mettre en difficulté, à travers des canulars, dénonciations à l’emporte-pièce et surtout beaucoup de ‘houtzpa, les antisémites et autres islamo-gauchistes sévissant dans l’Hexagone. Parmi les faits d’armes de ce jeune homme intrépide qui a grandi en banlieue parisienne, la publication en ligne de la liste des donateurs soutenant le néo-nazi Alain Soral, ou le harcèlement de son complice Dieudonné.

Ulcan a provoqué la polémique, fin janvier, car un documentaire sur sa vie et ses coups de force virtuels, intitulé « Les Patriotes », a été présenté au Festival international des programmes audiovisuels (FIPA) de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). Le réalisateur, Daniel Sivan, a mis en avant quelques journalistes victimes de Gregory Chelly, comme Daniel Schneidermann, Pierre Haski ou Denis Sieffert. Les deux premiers sont juifs mais tous trois se distinguent par de violentes diatribes antisionistes dans les grands médias avec des arguments nauséabonds, de type stalinien, proches de ceux du BDS. Ces éditorialistes ont vivement réagi à la projection du film, refusant d’être qualifiés d’antisémites et assimilés aux vedettes de la « fachosphère ».

Le documentaire n’a pas été déprogrammé mais la controverse a enflé d’autant plus qu’Israël était l’invité d’honneur du FIPA cette année. Les festivaliers ont donc pu découvrir toutes sortes de productions en provenance de l’Etat juif.

Une pétition signée par une centaine de professionnels, dont de nombreux metteurs en scène du monde entier, a même été publiée par le quotidien du Parti communiste français, L’Humanité. Parmi les protestataires, qui ont vainement réclamé le boycott d’Israël auprès des organisateurs de la manifestation (seuls quelques débats contradictoires, à l’issue des projections, ont été accordés), le réalisateur britannique d’extrême gauche Ken Loach. Le texte en question est truffé de passages haineux sur le prétendu « nettoyage ethnique » et les « lois racistes » dont Jérusalem se rendrait coupable à l’encontre des Palestiniens. Sans oublier les « dizaines d’enfants incarcérés ».
Précisons encore que le film « Les Patriotes » se termine par la promotion de l’alyah. Pour Ulcan, c’est la meilleure réponse à la montée de l’antisémitisme dans l’Hexagone. Une promotion qui a évidemment secoué les personnalités du « PAF » (paysage audiovisuel français), peu habituées à ce genre de discours dans les milieux où elles évoluent.

Axel Gantz