9 Kislev 5781‎ | 25 novembre 2020

Pence, solide pilier chrétien et conservateur de Donald Trump

U.S. Vice President Mike Pence watches as U.S. President Donald Trump speaks before signing a proclamation to honor Martin Luther King Jr. in the Roosevelt Room of the White House in Washington, U.S., January 12, 2018. REUTERS/Joshua Roberts - RC1D299C6350

Le gouverneur de l’Indiana, chrétien évangéliste et ultra-conservateur, a permis à Trump de rallier l’aile traditionaliste du parti.

 

C’est un fait que, réputé pour sa discrétion et son aversion des conflits, Mike Pence a parfaitement joué son rôle de contrepoids face à la personnalité bouillonnante et parfois outrancière aussi bien que vulgaire de Donald Trump, notamment grâce à son don pour réussir à mettre le public de son côté.

Se présentant lui-même comme une alternative « plus posée » en adoptant une attitude en parfois très différente de celle dont Donald Trump est coutumier, Pence n’en demeure pas moins un homme politique chrétien évangéliste fortement inspiré par sa foi religieuse : dans le discours qu’il prononça en juillet 2016 après son investiture à la candidature républicaine de vice-président aux dans le « ticket » de Trump, il devait notamment déclarer : « Je suis Chrétien, conservateur et républicain – dans cet ordre ! ».

Alors que l’aile droite religieuse du parti républicain avait largement soutenu Ted Cruz aux primaires, Trump – sans doute bien conseillé – a su fort habilement trouver en Pence la contrepartie rassurante à sa propre personnalité dont les « valeurs chrétiennes » sont quelque peu lézardées… C’est que Mike Pence a tout du profil conservateur idéal : dès son plus jeune âge, il avait fréquenté l’école paroissiale et été « enfant de chœur », avant de se convertir au protestantisme évangélique au lycée.

De plus, tout au long de sa carrière politique, il n’a cessé – comme aujourd’hui – de placer la religion au premier plan. Alors que les positions politiques de Trump ne sont pas toujours aisées à situer sur l’échiquier politique, celles de Pence – souvent bien plus cohérentes – sont appréciées par l’électorat républicain conservateur autant que catégoriquement rejetées par la gauche américaine.

Ainsi, Pence déclara-t-il en 2009 : « Est-ce que je crois à la théorie de l’Evolution ? En fait, j’embrasse l’idée selon laquelle D.ieu a créé les cieux et la Terre, les mers et tout ce qu’il y a dedans. La manière dont Il l’a fait, je ne peux rien en dire, mais je crois en cette vérité fondamentale ! »

Un « conservateur social »

 

Lors des présidentielles de novembre 2016, tout cela n’a évidemment pas convaincu les indépendants, les républicains modérés ou les démocrates indécis à se rallier à Trump, mais Pence a su ramener autour de lui – grâce au fait qu’il a souvent vanté les qualités du candidat à la présidence – pas mal d’opposants républicains à un moment où ce parti était fortement divisé ! « Donald Trump, avait-il alors déclaré, va reconstruire notre armée et se tenir aux côtés de nos alliés. Il va lutter contre le terrorisme islamiste radical à sa source et détruire les ennemis de notre liberté ! (…) Car Trump est un homme bien ! ».

Il faut aussi savoir que bien avant le divorce entre l’establishment républicain et les conservateurs populistes, Pence a toujours été proche  du mouvement du « Tea Party », ce vaste courant conservateur qui tenait des milliers de « conférences d’appartement » pendant les longues années hostiles du double mandat de Barack Obama et du règne des Démocrates au Congrès. Et c’est pour cela qu’il s’est lui-même opposé à de nombreux projets de lois socio-économiques impopulaires soumis par le Parti républicain à la Chambre des Représentants.

D’ailleurs, il ne cesse de répéter en public cette phrase qui le positionne très clairement : « Je suis un conservateur, un choix qui ne me met absolument jamais en colère ! ».

 

Un futur candidat à l’élection présidentielle ?

 

Bien que depuis son alliance avec Trump, Pence n’a cessé de tourner en dérision les journalistes et les meneurs de shows télévisés prétendant qu’il avait lui-même en vue pour le futur rien de moins que la fonction présidentielle, on se souvient que dès 2008, son nom apparaissait déjà comme un « présidentiable » potentiel pour les primaires républicaines. Et justement, il fut élu cette année-là au 3e rang de la liste des Représentants républicains et aussi président de la « Conférence républicaine » – un poste aussi important que convoité dont la principale mission consistait à remodeler le message électoral de ce parti après sa cuisante défaite de 2008…

De plus, rappelons qu’en 2012, les militants très actifs de l’influent groupe républicain ultra-conservateur « Values Voter » (L’électeur et ses valeurs ») le proposèrent comme leur candidat contre Obama pour les présidentielles…

Autant d’éléments qui ont fait dire à certains experts politologues américains qu’en cas d’échec du mandat de Trump, Mike Pence se présentera comme une alternative conservatrice « plus sérieuse »…

Richard Darmon