11 Tevet 5779‎ | 19 décembre 2018

Le stupide boycott des députés arabes israéliens

Arab Knesset Members are evacuated from the Plenary after protesting aith placards against US Vice President Mike Pence after his speech at the special plenary session at the Knesset, Israel's Parliament, in Jerusalem, on January 22, 2018. Photo by Gil Yochanan/POOL *** Local Caption *** ñâï ðùéà àøöåú äáøéú îéé÷ ôðñ éøåùìéí ñâï ðùéà àøöåú áøéú îéé÷ì ôðñ ëðñú éåùá øàù äëðñú éåìé àãìùèééï øàù äîîùìä áðéîéï ðúðéäå çáøé ëðñú òøáéí îçàä

La décision de faire sortir, manu militari, les députés arabes israéliens de l’hémicycle au moment où Mike Pence prenait la parole à la tribune de la Knesset n’a pas été particulièrement judicieuse. Il aurait été certainement plus intelligent de les laisser conspuer copieusement pendant deux minutes le vice président américain jusqu’à ce qu’ils se fatiguent et s’en aillent d’eux-mêmes. Cela aurait certainement permis de montrer au monde occidental et arabe comment la démocratie israélienne et le Parlement de l’Etat juif tolèrent même les plus radicaux parmi les représentants de sa population arabe. Les adeptes de « l’apartheid israélien » en auraient eu pour leur matricule et Israël aurait marqué quelques points précieux dans sa lutte incessante contre les militants BDS. Au lieu de cela, les huissiers du Parlement, trop entreprenants, ont donné le sentiment de vouloir expulser des députés uniquement parce qu’ils étaient Arabes et non parce qu’ils entravaient le discours de Pence et le bon déroulement de la Séance. C’est d’ailleurs ainsi que certains médias français ont interprété cet incident. Pourtant les autorités israéliennes savaient parfaitement qu’Ahmed Oudé et ses camarades allaient tout faire pour attirer l’attention vers eux. Israël a malheureusement raté là une belle occasion d’apparaître dans toute sa splendeur démocratique. Dommage. Il n’empêche que ce boycott est une fois de plus, le reflet de la radicalisation nette et constante de la Liste arabe unifiée. Ce n’est pas la première fois que celle-ci se montre, en effet, plus royaliste que le roi et plus radicale que les plus extrémistes. Ainsi en septembre 2016, les députés arabes israéliens avaient choisi à la surprise générale de boycotter les funérailles nationales du président Shimon Pérès, et l’un des députés de cette liste Bassel Gates qui depuis a été incarcéré dans une prison israélienne pour infraction à la sécurité avait accusé l’artisan d’Oslo d’avoir « trempé ses mains dans le sang des enfants palestiniens » et ce alors que Mahmoud Abbas avait lui-même participé à ces funérailles. Visiblement Oudé et ses compagnons de route n’ont pas compris que leur attitude extrémiste ne faisait que consolider un climat de méfiance envers eux au sein du Parlement et, ce qui est plus problématique encore, envers la population arabe israélienne qu’ils sont censés représenter.

Daniel Haïk