22 Tishri 5782‎ | 28 septembre 2021

Attention, sur la route les chameaux sont très dangereux !

A flock of camels seen in the Negev Desert, south of Beer Sheba, on August 27, 2015. Photo by Hadas Parush/Flash90 *** Local Caption *** âîìéí òãø âîì èáò îãáø ðåó ãøåí éùøàì ðâá

L’accident qui s’est produit la semaine dernière sur la route 40, dans le sud du Néguev aurait pu être évité. Un adolescent de 13 ans a été tué et quatre autres membres de sa famille ont été plus ou moins grièvement blessés après que le véhicule familial a été percuté de plein fouet par un camion qui tentait d’éviter un chameau qui se promenait sur cette route. Cela fait plusieurs mois que l’un des fermiers des environs, Baroukh Adiri, met en garde contre la présence de chameaux sur certaines routes du désert. Selon lui les chameaux sont attirés par la nourriture laissée par les touristes qui pique-niquent sur place. Et il semble que l’enquête de la police confirme cette hypothèse.

La police a tenté de retrouver les propriétaires du chameau, mais soupçonnent que ces derniers ont fait disparaître les documents d’identification de l’animal. Selon les autorités vétérinaires de la région, tous les chameaux ont un propriétaire mais sans documents il sera difficile de retrouver le propriétaire du chameau responsable. Les chameaux constituent pour de nombreux Bédouins, une source de revenus tout en leur donnant un certain statut social. Certains troupeaux dans le Néguev comptent de 50 à 80 chameaux. Selon la police, des milliers de chameaux errent, sans surveillance dans le Néguev. Certains viennent de la frontière égyptienne et sont introduits vers Israël par des contrebandiers qui ne craignent pas les peines légères encourues pour trafic d’animaux.

Malgré les panneaux d’avertissement sur la présence des chameaux sur les routes, les accidents mortels se multiplient sur cette route. Les chameaux pénètrent également dans les mochavim de la région, y semant souvent la panique. Mais seuls ceux qui s’introduisent dans les zones d’entraînement militaires sont confisqués par les autorités.

Selon Adiri, tout est affaire d’éducation, des bêtes comme de leurs propriétaires, mais cela ne va pas se faire en un jour, et la loi doit être appliquée avec fermeté pour faire changer les choses. Selon les autorités locales, les animaux devraient être munis de bandes fluorescentes, mais surtout chaque bête devrait être équipée d’une puce électronique afin de localiser l’animal et ses propriétaires. La loi est pourtant très claire à ce sujet et engage la responsabilité de tout propriétaire qui laisse ses animaux en liberté ou sans surveillance. Le succès du chameau à usage touristique multiplie encore la présence de ces animaux dans toute la région.

 

La multiplication des accidents mortels sur les routes du Néguev a amené les autorités locales à mener la plus vaste opération contre les troupeaux sans surveillance et contre la contrebande facile de ces animaux. Les Bédouins du Néguev achètent aux Bédouins du Sinaï des chameaux à bas prix et les font pénétrer pour les vendre au prix fort sur le sol israélien, soit environ 5000 shekels par bête. Selon la loi israélienne, chaque bête qui pénètre sur le sol israélien peut être tuée afin d’éviter la propagation de maladie. En réalité la loi est peu appliquée, et les amendes infligées ne sont en rien dissuasives vis-à-vis de trafiquants qui voient là une source de revenus facile et sans grand danger. Il faut redoubler de prudence afin que des drames comme celui de cette semaine ne se reproduisent plus.

 

Moché Michaël Tsoren