17 Kislev 5781‎ | 3 décembre 2020

Le message de Moché s’inscrit dans la durée

Dans certains conflits, il est fréquent que les antagonistes cherchent à prouver au camp adverse que la raison est de leur côté. Avoir raison ne suffit pas : il faut pouvoir le démontrer aux autres. On pourrait penser à priori, que dans le débat opposant Moché à Pharaon et ses sorciers, il en fût ainsi. Armés de leur ‘’bâton’’ respectif, chacun va tenter de prouver qu’il détient la puissance ultime. Mais que veut prouver Moché ? Est-il nécessaire de démontrer à la face du monde l’étendue des pouvoirs d’Hachem ? Il apparaît clairement que la volonté des Egyptiens est justement de convaincre les hommes de leurs capacités. Leur comportement dénote une motivation profonde : afficher leur force. Eux aussi sont capables de faire comme Moché. Mais le vrai débat se situe ailleurs !

Le peuple d’Israël vit un processus de délivrance. Après l’exil, nous allons vers la sortie d’Egypte qui nous conduira au Don de la Torah, puis en Erets Israël. Chaque action entreprise par Moché nous permet de progresser dans cette voie. Il ne s’agit donc pas de prouver quoi que ce soit, mais au contraire de confirmer un phénomène imposé par Hachem à long terme.

Le danger d’une telle expérience serait de n’y voir que l’obtention au présent d’une attente ou d’un désir. On a souvent le sentiment d’être arrivé à ses fins en remportant ou en recevant ce que l’on désire. Ce sentiment, certes gratifiant, peut être le résultat d’une satisfaction éphémère. La valeur d’une chose n’est pas toujours liée à sa durée. Il arrive même que la durée dénature l’intensité d’une expérience. Si un plaisir dure trop, il se transforme et change du tout au tout. Dans le monde matériel, le côté « fugace » défini souvent la qualité et le sens de ce que l’on vit.

C’est la réponse des magiciens de Pharaon. La Torah emploie le mot « lahatéèm » pour désigner leur bâton. Ce terme signifie également la flamme : celle qui anime la passion qui stimule, mais qui disparait aussi rapidement qu’elle est venue. Ils se donnent en spectacle le temps de faire étalage de leur génie. Ils savent répondre à Moché, mais leur programme s’arrête aussitôt. Un peu comme une personne incapable de résister à une provocation ou une proposition alléchante. Elle apparaît irrésistible le temps d’un instant. Elle n’est à ce moment qu’une tentation : dans un autre contexte, elle n’aurait peut être aucun sens.

A l’inverse, la Torah nous raconte la persévérance de Moché, soutenu évidemment par Hachem. Il ne s’agit pas d’un moment de gloire, mais bien de changer les choses définitivement. Il nous apprend qu’être libre, consiste aussi à savoir inscrire les moments vécus dans un programme dont la durée n’apparaît pas toujours clairement. L’émotion véritable est le résultat d’un aboutissement plutôt que l’intensité furtive d’une circonstance.

Rav Yaacov Sitruk

porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle porno izle