7 Iyyar 5778‎ | 22 avril 2018

Israël-Inde : Une relation harmonieuse mais encore imparfaite

Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu and Indian Prime minister Narendra Modi at an Israeli-Indian Economic Conference in New Delhi, India on January 15, 2018. Prime ministers Netanyahu is on a week-long official state visit in India. Photo by Avi Ohayon/GPO *** Local Caption *** øàù äîîùìä áðéîéï ðúðéäå îîùìú äåãå ðøðãøä îåãé øàù äîîùìä áðéîéï ðúðéäå åøàù îîùìú äåãå îåãé îùúúôéí áëðñ ëìëìé éùøàìé äåãé áðéå ãìäé

Six mois après la visite historique du Premier ministre indien Narendra Modi en Israël, Binyamin Nétanyaou lui a rendu cette semaine la politesse en se rendant à New-Delhi. L’occasion de confirmer qu’en dépit de son vote hostile à la reconnaissance par Trump de Jérusalem à l’ONU, l’Inde paraissait plus engagée que jamais sur la voie d’une collaboration active avec Israël.

 

Certaines images en disent bien plus long que de nombreux commentaires : celle du Premier ministre indien Narendra Modi accueillant à bras ouverts son homologue israélien Binyamin Nétanyaou dimanche 14 janvier à New-Delhi fait partie de celles-là. Dans l’absolu, le protocole indien dispense le Premier ministre indien de venir accueillir ses hôtes à leur descente d’avion. Mais Modi, qui ne cache pas sa sympathie pour Nétanyaou, a tenu à montrer à quelle point cette visite du chef du gouvernement israélien, la première depuis celle d’Ariel Sharon en 2003, lui était importante, voire même déterminante. Deux ans après leur première prise de contact dans le cadre de la COP 21 à Paris, les deux hommes commencent à bien se connaître et visiblement à s’apprécier. Le courant passe parfaitement entre eux comme on avait déjà pu le constater en juillet dernier, lors de la visite de Modi en Israël. Les deux leaders ne s’étaient alors quasiment pas quittés et avaient joué le jeu des photographes en allant se tremper les pieds dans la Méditerranée avant de savourer l’eau de cette même mer, dessalinisée par les bons soins de la haute technologie israélienne.

Il faut rappeler que très vite après son arrivée au pouvoir, Modi a décidé de jouer la carte israélienne en faisant  un net distinguo entre le conflit israélo-palestinien et les relations économiques et commerciales, afin que le premier n’entrave pas les secondes. Et Binyamin Nétanyaou s’est montré tolérant envers cette approche : certes à son arrivée à New Delhi, il a déploré le vote de l’Inde en faveur de la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies condamnant la déclaration de Trump en faveur de Jérusalem. Mais il a décidé de ne pas s’y attarder. Et pour cause : à Jérusalem, on comprend que les dirigeants indiens se doivent de tenir compte des aspirations de plus de 200 millions de citoyens indiens de religion musulmane. Pour le Premier ministre israélien, il ne fait aucun doute que le jeu en vaut la chandelle. Jugez plutôt : au cours des dernières années, l’une des préoccupations majeures de l’Inde est la consommation d’eau potable. L’expertise israélienne dans ce secteur s’est imposée pour les Indiens et, à la clé, Israël peut pénétrer un marché inestimable. Mais il n’y a pas que l’eau. Dès lundi, Nétanyaou et Modi ont ratifié une série de protocoles d’accords bilatéraux dans divers domaines : recherche et production de gaz et de charbon, coopération scientifique et universitaire, coopération en matière de lutte contre les cyber-attaques en particulier dans le secteur bancaire, investissements mutuels entre Israël et l’Inde, et d’autres encore. Il a enfin été envisagé l’instauration d’une liaison aérienne hebdomadaire d’Air India, qui serait autorisée à survoler l’Arabie Saoudite (ce qui est impossible actuellement) et qui pourrait permettre de raccourcir la liaison Tel-Aviv-New-Delhi de 2 heures au moins !

Il convient de souligner qu’une délégation de 140 hommes d’affaires accompagne Mr Nétanyaou dans son déplacement en Inde et un sommet économique a réuni lundi soir les industriels israéliens et indiens. Dans l’entourage du Premier ministre, on se dit convaincu que finalement, les autorités indiennes reviendront sur leur récente décision d’annuler un marché de vente de missiles israéliens anti-char d’un montant de près d’un demi-milliard de dollars.

Daniel Haïk

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