6 Elul 5778‎ | 17 août 2018

« Moché Kahlon ouvre l’électricité israélienne à la concurrence »

C’est une véritable réforme dans le domaine de l’électricité qui a été annoncée, le 27 décembre dernier, par le ministre des Finances Moché Kahlon, lors d’une conférence de presse conjointe avec Youval Steinitz, ministre de l’Energie. Une réforme qui devrait briser le monopole de la Compagnie Nationale d’Electricité et entrainer une baisse conséquente des tarifs de cette énergie en Israël. Haïm Messika, porte-parole de Koulanou et du ministre pour la communauté francophone, répond à nos questions.

Haguesher : Haïm Messika, expliquez-nous l’historique de cette réforme de la Compagnie nationale d’électricité initiée par Moché Kahlon.
– Haïm Messika : Depuis son arrivée au ministère des Finances, il y a deux ans et demi, le ministre Moché Kahlon a oeuvré afin d’ouvrir le marché israélien de la consommation d’Electricité à la concurrence. Il n’a pas été le premier à se lancer dans cette tâche particulièrement ardue. C’est en effet en 1996, que les gouvernements israéliens ont décidé de rompre le monopole de la Compagnie Nationale d’Electricité. Mais les rapports de force existant entre la Compagnie, le ministère de l’Energie, le ministère des Finances, la Histadrout, et le comité d’entreprise de la Compagnie d’Electricité, n’ont jamais permis la concrétisation de ce projet de réforme d’aboutir. Un accord avait failli être conclu en 2014 mais, sous la pression des employés de la Compagnie Nationale d’Electricité, il avait été annulé. De telle sorte que ce que d’autres grands argentiers ont voulu entreprendre sans succès, Moché Kahlon y est parvenu après 17 mois de pourparlers et plus de 1 200 heures de négociation très soutenue. Et il vient d’enclencher non seulement une réforme, mais une véritable révolution de ce secteur qui concerne bien entendu chaque citoyen de l’Etat d’Israël.

– Concrètement, qu’est ce qui va changer pour le contribuable israélien ?
– Vous vous souvenez certainement qu’en 2009, Moché Kahlon, qui était alors ministre des télécommunications, avait instauré une réforme sans précédent dans le marché de la téléphonie portable. Il avait réussi à briser certains monopoles et avait fait baisser considérablement les prix des communications dans ce domaine. Ce qui avait, pour beaucoup, contribué à consolider sa popularité. Aujourd’hui, le ministre des Finances répète dans le secteur de l’énergie électrique la même démarche, une réforme de privatisation qui se traduira, dans un proche avenir, par une baisse sensible des tarifs de l’électricité. Désormais, nous allons assister d’une part, à la création d’une compagnie qui va centraliser les infrastructures à travers tout le pays et qui fournira des services à plusieurs compagnies privées d’électricité, qui se disputeront le marché israélien et devront donc baisser les prix. Pour que cela ait pu être rendu possible, il a fallu négocier d’arrache-pied avec la Histadrout, qui voulait protéger les employés de la Compagnie nationale d’Electricité, et avec le comité d’entreprises : certains employés partiront à la retraite dans des conditions très honorables, et les autres retrouveront des emplois dans la nouvelle infrastructure. Mais concrètement, c’est chaque Israélien qui sortira gagnant de cette réforme.
– Quand sera-t-elle mise en application ?
– L’accord a été annoncé, fin décembre : la réforme débutera dans un mois et et dans quelques mois, les factures d’électricité des Israéliens devraient sensiblement baisser.

Propos recueillis par Daniel Haïk