5 Tammuz 5778‎ | 18 juin 2018

Consistoire de Paris : Joël Mergui plébiscité

Réélection ou plutôt plébiscite, le 8 janvier, pour l’homme qui préside l’institution juive francilienne depuis 2006. C’est la conséquence du vote du 26 novembre dernier : des milliers d’adhérents ont donné leur satisfecit à une équipe sortante d’administrateurs… largement renouvelée et féminisée.

 

Le docteur Joël Mergui, qui aura soixante ans cette année, a été quasi-unanimement réélu (moins une voix seulement) à la présidence du Consistoire de Paris, le 8 janvier, lors du premier conseil des administrateurs de l’institution – qui fédère les communautés franciliennes – depuis sa recomposition qui résulte du scrutin du 26 novembre.
Pour mémoire, les adhérents procèdent tous les quatre ans au renouvellement par moitié des vingt-six membres du conseil. Près de quatre mille personnes s’étaient déplacées en novembre 2017 dans la cinquantaine de bureaux de vote répartis dans les différentes synagogues de la région capitale pour élire les futurs décisionnaires du Consistoire de Paris.

Douze des treize candidats de la tendance « Osons le judaïsme ! », qui soutenait Joël Mergui, ont été élus. Du côté du courant « Notre Consistoire demain » (neuf candidats en lice), seul son chef de file, David Revcolevschi, a obtenu suffisamment de suffrages pour siéger parmi les administrateurs. Les trois candidats indépendants ont été éliminés.

La majorité reste donc… très majoritaire, mais elle est profondément renouvelée avec des acteurs de terrain, investis dans leur communauté, qui n’avaient jamais pris part aux activités du conseil jusqu’à présent. Ainsi, pas moins de dix femmes ont été élues, pour la première fois depuis la création de l’institution par Napoléon avec la particularité historique d’entrer à parité au sein du bureau directeur. Tous les âges sont par ailleurs représentés et le plus jeune administrateur, Emmanuel Cohen, vient tout juste d’avoir vingt-neuf ans.

La tâche qui attend le conseil est immense à la mesure de ses missions. En effet, le Consistoire de Paris est la plus grande institution juive européenne par le nombre de fidèles dont elle a la charge, par ses centaines de bénévoles et permanents. Elle est présente au quotidien dans la vie de chaque juif et intervient concrètement sur tous les sujets liés au judaïsme. Si son rôle est largement opérationnel, ses décisions engagent le judaïsme francilien et français en général sur des sujets aussi variés que l’éducation religieuse avec les Talmudei Torah, la casherout (son Beth Din est l’un des plus importants et des plus rigoureux de la gola), le patrimoine, la sécurité, les finances, la solidarité, la mémoire, la construction et l’organisation du futur Centre européen du judaïsme (CEJ), dans le 17ème arrondissement, qui ouvrira ses portes dans quelques mois.

Ce sera le plus vaste et le plus moderne espace communautaire du Vieux Continent conçu aussi pour abriter des services du Consistoire réorganisés adaptés aux besoins et aux enjeux nouveaux. Rappelons enfin que l’institution, à travers son tribunal rabbinique, a une compétence nationale en matière de mariages, divorces, certificats de judéité permettant de réaliser son alya… Le Beth Din est présidé par le Grand rabbin de Paris, le rav Michel Gugenheim, dont les connaissances halakhiques exceptionnelles, la hauteur de vue et le souci de se conformer à la stricte orthodoxie sont universellement reconnus en diaspora comme en Israël.

Dans son allocution du 8 janvier, Joël Mergui a chaleureusement remercié les membres de la nouvelle équipe pour leur enthousiasme militant et leur détermination à poursuivre l’œuvre déjà entamée : la mutation du Consistoire pour l’adapter aux exigences du XXIème siècle, dans un environnement sécuritaire difficile et au moment où certaines pratiques, comme la brith mila et plus encore la che’hita, sont remises en cause à l’échelon politique. Les choses ont amplement changé en à peine quelques années, avec le départ pour Israël de dizaines de milliers de nos coreligionnaires, dont beaucoup étaient des fidèles des choules franciliennes. Quant à « l’alya intérieure » voulue par le président Mergui, c’est-à-dire la techouva et le rapprochement des Juifs avec la communauté organisée et ses lieux de culte, elle fait désormais l’objet d’une attention toute particulière puisqu’une commission ad hoc a été créée. Claude Haïk, qui préside la très dynamique synagogue du Vésinet, dans les Hauts-de-Seine, a été nommée à sa tête.

« L’expérience au service du renouveau » constituait l’un des mots d’ordre du groupement soutenant Joël Mergui, il semble que cela soit désormais chose faite pour le nouveau conseil qui vient officiellement de prendre la relève en s’attelant d’ores et déjà à mettre en application son programme.

Notons que la nouvelle délégation du Consistoire de Paris qui siège au Consistoire central a également été désignée le 8 janvier.

La réunion a été marquée, en outre, par un Dvar Torah du Grand rabbin de Paris Michel Gugenheim et par un hommage appuyé aux victimes des attentats de janvier 2015.

 

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