12 Kislev 5781‎ | 28 novembre 2020

Hommage au Dr Elie Fédida zatsal

En cette veille de Chabbat Parachat Vayé’hi, l’annonce du décès du Dr Elie Fédida Zatsal a frappé de plein fouet sa famille, son entourage, la communauté juive parisienne et particulièrement l’école et le Beth Hamidrach du Igoud ‘Harédi, dirigés par le Rav Yossef David Frankforter Chlita. En effet, il représentait « le pilier » voire même les « fondations » de ce Makom Torah. Il se dévouait corps et âme pour développer ces institutions, que ce soit pour la mise en place des Chiourim, l’ouverture d’un collège ou tout autre projet. Il s’investissait pleinement pour porter la charge du Igoud ‘Harédi. Sans baisser les bras devant les difficultés et avec une profonde Emouna, il y donnait de son temps, de son énergie et de sa sagesse. Il était à même de solliciter les donateurs pour récolter des fonds, parce que lui-même donnait sans compter. Malgré son handicap physique, survenu il y a de longues années suite à un accident de voiture, il courait après les Mitsvot. Sa journée débutait par la prière au Nets, puis il enchaînait avec le Limoud, les réunions, son activité professionnelle et il veillait toujours à faire honneur à chacun en se manifestant lors d’une Brit Mila, Bar Mitsva… Jusqu’à des heures tardives, jour après jour, il se démenait pour le Igoud ‘Harédi en ayant toujours le souci « de faire plus et de faire mieux ». Comme l’a dit, avec beaucoup d’émotion, le Rav Frankforter, lors des hespédim, c’était un véritable « ben alya », une personnalité importante qui aspirait à devenir un être parfait.

Tout celui qui a, un jour, franchi le seuil du Igoud ‘Harédi, a pu être émerveillé de cet homme d’exception : toujours souriant et bienveillant, il abordait tout un chacun avec la plus grande simplicité, si bien qu’à son allure, rien ne laissait transparaître qu’il n’était autre que le président. Sa modestie camouflait sa grandeur d’âme et sa perspicacité. « Au cours des nombreuses réunions qui se tenaient pour l’organisation du Gala, on ne l’a jamais vu s’énerver. En toutes circonstances, il gardait son calme, était à l’écoute et exprimait son opinion avec fermeté et sérénité. Ce qui lui importait plus que tout, c’était de maintenir le Chalom », témoigne Mme Dehan. De plus, c’était un homme de vérité : sa ligne de conduite était toujours droite, comme l’a rapporté le Rav Frankforter lors de la Lévaya : lorsqu‘on lui proposait la moindre déviation, il rétorquait modestement toujours avec le sourire : « c’est trop compliqué pour moi… ».

Ophtalmologue de profession, il aidait les gens à bien voir mais avant tout, il voyait chacun d’un bon œil. Il relevait les qualités de son prochain et aimait sincèrement chaque juif, quel que soit son niveau, il était conscient des difficultés d’autrui et ceci éveillait l’admiration qu’il leur portait. Toujours prêt à partager les joies et les peines des autres, il était profondément bon.

Il vouait un respect exemplaire pour les Talmidé ‘Hakhamim, les consultait à toutes les occasions et se soumettait à la voix de la Torah. Il avait été, entre autres, l’élève du Rav Wasserman Zatsal et du Rav ‘Haïkin Zatsal. Et le Rav Frankforter de témoigner : « Dr Fédida était lui-même un érudit, il ne ratait jamais son Daf Hayomi. Il avait instauré les cours de Daf Hayomi au sein de notre Beth Hamidrach et avait fini le Shass à trois reprises. Ces milliers de pages de Guémara constitueront une haie d’honneur qui l’accueillera devant le Trône Céleste. Il s’appelait Eliahou et, à l’instar du prophète Eliahou, qui a perçu la voix d’Hachem, ni par le feu, ni par le vent mais tel ‘‘un doux et subtil murmure’’ », Hachem l’a rappelé auprès de lui, en toute discrétion ». Yéhi Zikhro Baroukh !

Yokheved Levy